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Jean-Pierre Sergent

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Écrits IV - Textes d'artiste (2015 - présent)

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DU CARRÉ AU CARRÉ : LE DÉVELOPPEMENT ORGANIQUE DE LA STRUCTURE ET DE LA FORME DE MES PEINTURES


Ce texte, écrit a posteriori, bien longtemps (plus de vingt ans) après avoir pris les décisions formelles au sujet de l’architecture de mes œuvres picturales (de France 1984-1993, en passant par Montréal 93-94, pour finir à New york 1994-2003), essaye de montrer comment au cours de ces nombreuses années de travail, cette structure est passée du carré (premières abstractions 1984) pour revenir au carré (premier travaux sur plexiglas de New york 1999). Comme une respiration et une confirmation de l’importance de l’unité carrée, bien inscrite dans un grand ensemble fluctuant et mouvant comme la foule ou l’histoire de l’humanité.

FRANCE 1984 > 1991

Jean-Pierre Sergent, Peinture, huile sur toile, 22 x 22 cm, 1987 France

   Jean-Pierre Sergent, "Abstraction carrée #2", huile et plâtre sur panneau 1987, 1,30 x 1,30 m

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Abstraction carrée #1", huile sur toile, 22 x 22 cm, 1987 & "Abstraction carrée #2", huile et plâtre sur panneau 1987, 1,30 x 1,30 m


- Les premières abstraction carrées datant de 1987, sont composée presque exactement de la même manière que mes peintures sur Plexiglas actuelles. Elles sont composées d’un centre, entouré d’un “cadre” multicolore. Le centre est le lieu de l’émotion, de la matière, du corps, de l’intime et du sacré. Le tour, protège géographiquement, avec force, frontalement et sur les côtés, comme les murs remparts inviolables d’une citadelle, d’un jardin des délices, d’un paradis, et grâce auquel survit et vit l’espace fragile intérieur et éphémère de l’âme subtile qu’est l’art et sa manifestation. L’entourage servant aussi et toujours d’élément giratoire, comme pour emmener la peinture et son centre dans un système de swastika solaire, un ailleurs, un mouvement perpétuel.


swastika solaire

Jean-Pierre Sergent, croquis pour l'élaboration d'un polyptyque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dessin de swastika solaire Hindou & Croquis pour l'élaboration d'un polyptyque


- Une autre idée de la composition de mes objets-peintures est d’assembler des éléments disparates, contradictoires, opposés… comme dans cette peinture au glacis bleu laqué, éthéré, peint verticalement et inséré entre deux panneaux peints d’une matière noire, brute, collante et épaisse, réalisée par de large stries de pinceaux posées horizontalement, géométriquement, méthodiquement.

Jean-Pierre Sergent, Tripytique, peinture sur panneaux de bois, 1998, 130 x 70 x 7 cm Jean-Pierre sergent, Croquis pour l'élaboration d'un polyptyque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


"Triptyque", peinture sur panneaux de bois, 1998, 130 x 70 x 7 cm & Croquis pour l'élaboration d'un polyptyque



- Ce qui entre également dans le développement de l’inscription de la peinture au sein de l’espace, est aussi ma volonté de créer des verticales, des axis mundi, reliant la terre et le ciel, le corps et l’âme, le désir et le plaisir.

 

Jean-Pierre sergent, Série de peinture sur papier, France

Série de 7 peintures, huile sur papier Arches, 7 x 75 x 28 cm

Jean-Pierre Serent, "Les colonnes, acrylic sur Isorel, 1992, 2,50 x 0,50 m  Jean-Pierre Serent, "Les colonnes, acrylic sur Isorel, 1992, 2,50 x 0,50 m

"Les colonnes", acrylic et papier journal sur Isorel, 1990, 2 x 0,50 m & 1992, 2,50 x 0,50 m

MONTRÉAL 1991 > 1992

Jean-Pierre Sergent, vue de l'atelier à Montréal, 1992

Vue de l'atelier à Montréal, Canada,1992

- À Montréal (1991-92), en intégrant et collant des éléments tels que les bandes de métal (plomb, cuivre, zinc, aluminium) sur de la toile peinte et non montée, j’ai pu intégrer d’autres contrastes de matière et développer d’autres structures pour sortir la peinture de son encadrement traditionnel (peinture active + cadre plus ou moins neutre). Avec également une volonté de travailler sur les très grands formats, afin que mon corps et mes mouvement (la présence physique, la gestuelle, la dance) puissent faire partie intégrante de ma peinture. C’est à dire de sortir d’une vision de l’art intellectuelle, pour entrer dans un art matériel, corporel et concret.


Jean-Pierre Sergent, "Heaven's Doors", peinture acrylique et papier sur toile, 1992, 2,79 x 2,24 m, Canada Jean-Pierre Sergent, "Heaven's Doors", peinture acrylique et papier sur toile, 1992, 2,79 x 2,24 m, Canada

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 x "Heaven's Doors", peinture acrylique et papier sur toile, 1992, 2,79 x 2,24 m

 

Jean-Pierre sergent, "Painting #3", acrylique et cuivre sérigraphié sur toile, 1992, 2,44 x 0,94 m

Jean-Pierre Sergent, "Les colonnes", peinture acrylique sur Plexiglas, 1992, 2,28x 2,28 m

 

Jean-Pierre Sergent devant sa grande peinture, acrylique et journaux et objets sur toile, 1992, 2,76 x 2,76 m

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Painting #3", acrylique et cuivre sérigraphié sur toile, 1992, 2,44 x 0,94 m / "Les colonnes", peinture acrylique sur Plexiglas, 1992, 2,28x 2,28 m / Jean-Pierre Sergent devant sa grande peinture, acrylique et journaux et objets sur toile, 1992, 2,76 x 2,76 m 


- Les premiers assemblages de petits panneaux sur Plexiglas sérigraphiés ont été réalisés, au départ, comme un jeu d’assemblage formel, comme un puzzle, ou comme Dieu jouant aux dés les hasards et les nécessités de la Vie.

"Installation murale", photocopies et acrylique sur Plexiglas, 0,35 x 2,10 m, 1992

"Installation murale", photocopies et acrylique sur Plexiglas, 0,35 x 2,10 m, 1992

 

 

 

 

 

2 x "Installation murale", photocopies et acrylique sur Plexiglas, 0,35 x 2,10 m, (assemblage de 12 panneaux), 1992


Jean-Pierre sergent, "Sourire", acrylique et cire d'abeille sur carton, 1992, 22 x 48 cm

Jean-Pierre Serent, "Installation murale", acrylique sérigraphié sur Plexiglas, 70 x 95 cm (assemblage de 9 panneaux), 1992

 

 

 

 

 

 

 

 

"Sourire", acrylique et cire d'abeille sur carton, 1992, 22 x 48 cm & "Installation murale", acrylique sérigraphié sur Plexiglas, 70 x 95 cm (assemblage de 9 panneaux), 1992


- Ces assemblages de panneaux de Plexiglas de formats identiques me permirent de créer des œuvres se développant de manière organique et ludique sur le mur de l’atelier et dans les divers espaces d’expositions.

NEW YORK 1993 > 2003

JEAN-PIERRE SERGENT, VUE DE L'ATELIER DE LIC, NY, 1999

Vue de l'atelier de Long Island City, New York, 1999


- À mon arrivée dans mon atelier de Brooklyn, qui se situait juste sur les bords de l’East River (près du Pont de Manhattan), j’ai été submergé par la profusion des matériaux rejetés sur les berges de la rivière. Je les ai ramassés et en ai fait des Peintures-Sculptures. Ces œuvres étaient composées de matériaux récupérés : bois flottés, clous, portes de Frigo etc… mélangés avec des bandes de plombs, de la ficelle, des animaux en plastiques, assemblés et collés sur une structure de bois qui jouait le rôle de squelette, de soutien formel du contenu iconographique principal sérigraphié. Toujours avec une volonté de créer un objet autosuffisant et géométriquement intéressant, à la fois stable et instable, rigide et flottant.


1, Jean-Pierre Sergent,  "Painting-Sculptures" # 1 & 2, peinture acrylique sur bois et objets collés, 1993, 96 x 60 x 7 cmJean-Pierre Sergent,  "Painting-Sculptures" # 1 & 2, peinture acrylique sur bois et objets collés, 1993, 96 x 60 x 7 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 "Painting-Sculpture" # 1 & 2, peinture acrylique sur bois et objets collés, 1993, 96 x 60 x 7 cm


Jean-Pierre Sergent, "Painting-Sculptures" # 3 & 4, peinture acrylique sur bois, objets collés et sérigraphie, 1993, 105 x 76 x 7 cm

Jean-Pierre Sergent, "Painting-Sculptures" #4, peinture acrylique sur bois, objets collés et sérigraphie, 1993, 105 x 76 x 7 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 "Painting-Sculpture" # 3 & 4, peinture acrylique sur bois, objets collés et sérigraphie, 1993, 105 x 76 x 7 cm 



- Après avoir réalisé toute une série de Peintures-Sculptures, j’ai commencé à assembler, sur le grand mur de l’atelier, mes modules carrés composés de petits rectangles de Plexiglas (35 x 17,5 cm), sérigraphiés et peints au dos. La forme intérieure variable de ces peintures modulables était toujours inscrite comme des pleins et des vides dans une unité carrée de 1,05 m par 1,05 m, qui reste à ce jour la même, invariable et fidèle.

 

Jean-Pierre Seregnt, "Croquis" pour la réalisation des modules carrés d'assemblage de Plexiglas, Crayon sur papier, 1995Jean-Pierre Sergent, "Croquis" pour la réalisation des modules carrés d'assemblage de Plexiglas, Crayon sur papier, 1995

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



1 & 2, "Croquis" pour la réalisation des modules carrés d'assemblage de Plexiglas, Crayon sur papier, 1995



Jean-Pierre Sergent, "Painting", acrylique sérigraphié et peinture sur Plexiglas, 105 x 105 cm, 1994

Jean-Pierre Sergent, "Painting", acrylique sérigraphié et peinture sur Plexiglas, 105 x 105 cm, 1994

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 & 2, "Painting", acrylique sérigraphiée et peinture sur Plexiglas, 105 x 105 cm, 1994



- Ces essais formels d’assemblages anthropomorphiques cherchent à incarner un corps humain, une âme, vivants dans la peinture, au même titre que dans les sculptures Dogons ou Asmats et celles de toutes les sculptures d’art “premier” qui sont habitées par les esprits de ceux qui les ont réalisées. Aussi que de se développer biologiquement et de remplir, comme un serpent, les veines du corps humain ou les branches d’un arbre en hiver, l’intégralité de la surface d’un carré sacré.

Jean-Pierre sergent, Vue de l'installation dans l'atelier de Dumbo, acrylique sérigraphiée et peinture sur Plexiglas, assemblage de 18 peintures, 3,15 x 6,30 m,1994

Vue de l'installation dans l'atelier de Dumbo, acrylique sérigraphiée et peinture sur Plexiglas, assemblage de 18 peintures, 3,15 x 6,30 m, 1994



Jean-Pierre Sergent, Installation murale à Dumbo, acrylique sérigraphiée et peinture sur Plexiglas, assemblage de 18 peintures, 2,10 x 6,30 m,1994


 

 

 

 

 

 

 



Installation murale à Dumbo, acrylique sérigraphiée et peinture sur Plexiglas, assemblage de 18 peintures, 2,10 x 6,30 m,1994 & Croquis pour une installation murale, Crayon sur papier, 1996



- Par la suite dans l’atelier de Long Island City (1995-2003), j’ai ajouté des plaques de Plexiglas teintées dans la masse de couleurs noires et primaires, au sein des rectangles peints, et ai commencé ainsi à bâtir une organisation carrée semblable aux mandalas. Cette forme m’a rapproché de l’unité spirituelle, de l’Un.

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Croquis pour l'installation "Suspended Time", à l'Aliance Française de New york, 1997 & Croquis pour l'installation d'une peinture sur Plexiglas en forme de mandala, 1999


- J’ai ensuite développé et systématisé cette façon  d’accrocher et d’assembler les unités carrées apposées côte à côte tout en remplissant autant que possible les murs des lieux d’expositions.

 

Jean-Pierre sergent,  "Body, Trace, Memory", Installation murale à New York, acrylique sérigraphiée et peinture sur Plexiglas, 3,50 x 3,50 m,1995

Jean-Pierre sergent, "Desire & The Hurricane", Installation murale à New York, acrylique sérigraphiée et peinture sur Plexiglas, assemblage de 12 peintures, 3,15 x 4,20 m,1999

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Body, Trace, Memory", Installation murale à New York, acrylique sérigraphiée et peinture sur Plexiglas, 3,50 x 3,50 m,1995 & "Desire & The Hurricane", Installation murale à New York, acrylique sérigraphiée et peinture sur Plexiglas, assemblage de 12 peintures, 3,15 x 4,20 m,1999



- Puis, à partir de ma série “Le rêve de l’homme emprisonné”, j’ai régulièrement entouré mes peintures sur Plexiglas (1,05 x 1,05 m) avec une ensemble de quatorze Plexiglas colorés (35 x 17,5 cm), réalisant ainsi une peinture à la dimension totale de 1,40 m par 1,40 m.


Jean-Pierre Sergent, schéma montage peinture sur Plexiglas

Jean-Pierre Sergent, “L’homme emprisonné”, 1,40 x 1,40 m, 1999, aqurylique sur Plexiglas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Schéma de montage de l'encadrement des peintures sur Plexiglas bleu et noir, 1,40 x 1,40 m, 1999 & “Le rêve de l’homme emprisonné #1”, acrylique sérigraphiée et peinture sur Plexiglas, 1,40 x 1,40 m, 1999



- À ce jour cette structure-technique, n’a pas bougé et c’est celle-ci que j’utilise toujours pour présenter mes peintures de manière individuelle.

FRANCE 2005 > PRÉSENT

- Aujourd’hui, en France, j’ai retrouvé l’unité carrée de mes premières abstractions, et mes grandes installations murales monumentales sont toujours composées d’ensembles de peintures carrées. Ces assemblages me permettent d’organiser une surface-structure, comme une peau, un rêve fluctuant et extatique, similaire à un voyage cosmique, une transe chamanique, une odyssée sidérale.


Jean-Pierre Sergent,  Croquis pour la réalisation de l'installation murale "Mayan Diary 24" à la ville d'Ornans, stylo sur papier, 2008

Croquis pour la réalisation de l'installation murale "Mayan Diary 24" à la ville d'Ornans, stylo sur papier, 2008


- Il faut succinctement rappeler ici, l’impact qu’ont eu sur moi les sculptures aztèques et mayas des Dieux “Xixe Tolec", ces terracotta représentant des prêtres ayant sacrifié et écorché leurs victimes et qui, après avoir enlevé et mangé leurs cœurs, portaient sur eux, jusqu’au pourrissement, la dépouille retournée des suppliciés pour régénérer leurs mondes et l’Univers cosmic tout entier…!


Photo de "Xixe Tolec", MexiqueJean-Pierre sergent, "Beauty is Energy", 2002, acrylic sérigraphié sur papier Rives B.F.K., 76 x 56 cm

Photo de "Xixe Tolec", Mexique & J-P Sergent, "Beauty is Energy", 2002, acrylique sérigraphiée sur papier Rives B.F.K., 76 x 56 cm


- Sans jugement moral aucun, plus pacifiquement et plus humblement, je récupère et régénère de même des images mortes, les porte en moi, puis les étale et les peins comme une peau vivante à la surface de mes murales.
Et les images sont là…! vivantes, ici et maintenant…! Et demain elles seront ailleurs, elles voyagent, nomades invétérées, porteuses de poésie, de multiculturalisme et d’insoumission à l’ordre vulgaire ! Elles vibrent dans un incessant flux vital et organique, celui là même de la Vie et du désir...
Jean-Pierre Sergent le 5 mars 2017


Jean-Pierre Sergent devant l'installation murale "Shamanic Ecstasies And Flowers", 18 peintures acrylique sérigraphié sur Plexiglas (1,05 x 1,05 m), dimension totale : 3,15 m x 6,30 m, septembre 2016

Jean-Pierre Sergent devant l'installation murale "Shamanic Ecstasies And Flowers", 3,15 m x 6,30 m, L'Aspirateur, Narbonne, France, 23/9/2016

SHAKTI-YONI: ECSTATIC COSMIC DANCES (2016)

Texte écrit au sujet de La série Shakti-Yoni: Ecstatic Cosmic Dances qui a été commencée en octobre 2016 à l'atelier de Besancon. Ce sont des petites sérigraphies imprimées sur du papier jaune Wang Sketching 80g (# 1 > 37) & sur du papier Rives B.F.K., blanc ou crème 280g (# 38 > 63), formats carrés de 25,5 x 25,5 cm. Éditions de 5 exemplaires et de nombreux monoprints.


SHAKTI-YONI: ECSTATIC COSMIC DANCES
"C’est la jouissance qui est la substance du monde. C’est elle qui nous rapproche de l’état divin."
In Shiva et Dionysos, Alain Daniélou

Ces corps de femmes dansant extatiquement, comme des Derviches Tourneurs exctatiques, sont à la fois point fixe ici, et infini là-bas. Ils nous entraînent avec eux dans des dimensions tourbillonnantes et cosmiques, en créant stricto sensu des vortex d’énergies vers les possibles d’autres vies, d’autres plaisirs, d’autres expériences. Les images proviennent pour la plupart de vidéos érotiques de Micro Bikini Oily Dancing, dans lesquelles, des jeunes femmes, strip-teaseuses japonaises en rut, aux corps oints d’huile et de lubrifiant, dansent en se masturbant au rythme d’une musique techno obsessionnelle, aliénante, décérébrante, binaire et répétitive ; se tortillant sexuellement, dans un rituel primaire, barbare, archaïque, dionysiaque. Elles nous montrent ostentatoirement et spasmodiquement : leurs seins aux tétons durs et gonflés, leurs sexes et tous leurs orifices, bouches, anus, vagins. Ces Yonis, humides, jaillissants, obscènes, mouillés, aux grandes lèvres béantes…, symboles du sexe féminin, qui en Inde, sont ornés, nourris et enduits de beurre, de fleurs et d’offrandes diverses, toujours percés du Linga, sexe masculin titanesque dressé vers le ciel ; sont des sexes ouverts, offerts, désirants, guerriers, espérant aussi le sexe de l’homme et le foutre, dans un semblable hommage excitant et régénérateur dansé au Sacre du printemps, mais qui serait sempiternel et éternel celui-ci, pas besoin des saisons pour le désir…! Espérant tout de même l’amour sexuel transcendant, orgiastique, animal et tantrique. Lors de ces transes-danses, elles développent une excitation sur-féminine et sur-sexuelle, comme celle de l’énergie Femelle Shakti, qui est surabondante, enveloppante, destructrice, extra-terrestre, sur-puissante et surdimensionnée de désirs, de vibrations aux vagues orgasmiques corporelles ; comme des feux brûlants d’amour jaillissant. Seins et Yonis offerts, ouverts comme des puits où l’on irait se perdre pour éteindre son ego et son insatiable désir, dans une spirale aliénante et libératrice, en espérant ces voyages spirituels fusionnels avec la lumière Divine, le Tout, l’Unique. Les mêmes que ceux que suit l’âme des mort dans les Bardos des différents mondes de l’après-vie…
Mouvements saccadés, scandés rythmiquement ou arythmiquement dans une désespérante solitude pornographique contemporaine, qui nous ramène, malgré tout, à l’origine de l’être, à l’énergie primaire, aux premiers cris de l’enfant mis au monde et du premier orgasme, et qui de la même manière que l’Eau, la Mer, l’Océan et l’Univers, nous englobent, nous submergent et nous nourrissent comme les orphelins que nous sommes tous aujourd’hui, puisque les Esprits et les Dieux sont morts ; tués par d’autres que nous !
Mais l’artiste reste optimiste et il rend inlassablement hommage à la danse, au plaisir, à la Nature, à la couleur…, ainsi qu’à l’énergie féminine de la force Shakti-Yoni…!

Jean-Pierre Sergent, Besançon, le 27 novembre 2016

LES IMAGES CHAMANIQUES SONT AU CŒUR DE MON PROCESSUS CREATIF (2016)

Texte écrit pour l'exposition L’ARTISTE EST-IL UN CHAMANE ? L'Aspirateur, Narbonne, France (24 septembre / 27 novembre 2016)

Le chamanisme et la sexualité sont l’alpha et l’oméga, les éléments essentiels et consubstantiels de mon œuvre. Ils la nourrissent, la construisent, l’enrichissent et la font exister pour sortir d’un nihilisme artistico-existentiel contemporain. Car sans ces forces vitales universelles puissantes et transcendantes, mon travail n’aurait aucune raison d’exister. L’art pour l’art ne m’intéresse absolument pas, ni de faire un travail dérivatif suiveur d’artistes importants ayant précédemment existé.
Ma rencontre et mes expériences de transes m’ont ouvert l’esprit et les yeux sur des réalités bien nouvelles pour moi, spirituelles et cosmiques, concrètes et tangibles ; car ces expériences des voyages-transes sont inscrites dans le patrimoine de l’imaginaire humain depuis la première humanité et dans l’inconscient collectif immémorial, mais bien oubliées, enfouies et refoulées par la pensée occidentale. Ces rencontres spirituelles développent aussi la part du rêve, de l’imagination et des désirs irrationnels… parfois violents, insoumis, sexuels, anarchiques qui sont essentiels à toute création artistique véritable.
Alors… il n’y a plus de temps historique linéaire, plus de lieux inaccessibles, plus de mort définitive… dans ces transes, où seule existe l’union sacrée entre l’individu et le Tout. C’est l’anéantissement de l’ego narcissique et vulgaire pour entrer, par les portes grandes ouvertes de l’art et des pratiques extatiques, dans des univers aux métamorphoses et aux dimensions multiples et régénératrices ! Sans oublier bien sûr, les couleurs englobantes et les lumières vives et transcendantes, ressemblant aux couleurs utilisées par les artistes-chamanes mayas ou tibétains.
Pour vivre soyons curieux, insatiables et remplis de désirs, et si il est un sujet éveillant ma curiosité et mon appétit, c’est bien l’univers chamanique, qui m’habite comme Dieu pourrait nourrir mon âme.
Jean-Pierre Sergent, Besançon, le 20 juillet 2016

BONES, FLOWERS & ROPES (2016)

Texte écrit au sujet de cette série de tirage unique, acrylique sérigraphiée sur papier jaune Wang Sketching 80g, 80 x 60 cm.

Le titre de cette série traduit en français : Des fleurs, des os et des cordes (liens), implique que le contenu de ces œuvres jaillit et transcende le temps historique et linéaire pour créer un lieu de rencontre entre l’imaginaire et l’histoire humaine. Non plus comme un Musée imaginaire Malraucien, un peu muséal, un peu littéraire, un peu figé et noir et blanc ; mais plus comme un nouveau langage, une nouvelle syntaxe, une nouvelle iconographie, nouveaux ou peut-être très anciens, ancestraux, originels, oubliés*… provoquant avec force, humour, poésie et conviction dans le cœur même du regardeur : la transe, la révélation et ultimement la métamorphose profonde de l’âme humaine.
Car l’Art doit s’imposer et gagner l’âme de l’autre, dans un combat d’une vitalité et d’une fulgurance extrême, comme la Force Vitale le fait elle-même dans la nature.
RAPPEL : Il ne faut pas oublier les fleurs et les os, les dessins et les sexes, les répétitions et les transes, les couleurs et les nuits, les joies et les extases… pour enfin pouvoir devenir soi-même…!

* Comme dans le discours-hommage de Le Clézio pour son prix Nobel à propos des Indiens Emberas et leur langage paradisiaque :
"Quelque chose de grand et de fort, qui les surpasse, parfois les anime et les transfigure, et leur rend l'harmonie avec la nature. Quelque chose de neuf et de très ancien à la fois, impalpable comme le vent, immatériel comme les nuages, infini comme la mer."

Jean-Pierre Sergent, octobre 2015

À PROPOS DES ŒUVRES : CERCLES & YANTRAS (2016)

Texte écrit pour l'exposition UN LIEU, DES LIENS, Fondation du Grand-Cachot, Suisse (22 mai / 24 juillet 2016)

L’artiste, né à Morteau à 20 kms de ce site, présentera pour cette exposition cinq peintures sur Plexiglas (1.40 x 1.40 m) choisies parmi des œuvres réalisées de 2007 à 2015 et qui contiennent principalement des images de cercles ou de yantras (schémas de méditation hindou).
Il semble en effet pertinent de présenter au public, dans cette ferme plusieurs fois centenaire, une vison de la continuité des choses et des événements naturels et culturels.
J’avais visité cette ferme du Grand-Cachot étant adolescent avec mon grand-père Maurice, pour qui l’art et les artistes étaient très importants, et il m’avait semblé alors, grâce à son initiation, que ce lieu ainsi que les œuvres exposées, dégageaient une certaine “aura”. Il est donc important et honorable pour moi d’y présenter aujourd’hui mes œuvres récentes.
Et, si il y a bien des symboles qui montrent et figurent le développement de la conscience humaine et la continuité “infinie” dans l’histoire et dans le temps, ce sont bien les cercles concentriques. Ils représentent en effet l’expansion depuis le point bindu (unité, point de départ de la création cosmique, sorte d’instant big bang), l’union mâle et femelle, le développement dans l’espace de la conscience humaine et ils tendent à nous emmener vers l’achèvement spirituel, l’état d’éveil personnel…*
Se mélangeant dans les peintures aux “images de vie” fugaces tels que les représentations sexuelles, les fleurs ou les oiseaux, ces cercles sont l’infini dans l’éphémère, la structure symbolique et rationnelle s’inscrivant dans le chaos du magma coloré de l’énergie vitale, la transcendance universelle du temps présent…

* L’acquisition de la fluidité est comme une pierre qui tombe au milieu d’un lac (le miroir du Soi). De ce choc surgit une onde circulaire qui donne naissance à une plus grande, les cercles continuant à se multiplier jusqu’à couvrir toute la surface de l’eau. L’expansion de la conscience est ainsi, mais avec une différence : le lac mental est infini… In Mu, le maître et les magiciennes, A. Jodorowsky

Jean-Pierre Sergent, Besançon le 17 mars 2016

À PROPOS D'ANIMA MUNDI (2015)

Texte écrit pour l'exposition ANIMA MUNDI à la Galerie Keller, Zurich, Suisse (21 janvier / 5 mars 2016)

Les œuvres de Jean-Pierre Sergent présentées dans cette exposition sous le titre Anima Mundi, ou l’Âme du Monde, sont de fait des œuvres emmenant le spectateur vers un “centre” universel et transcendant.
L’Anima Mundi étant par définition : la force vitale dans l'Univers manifesté ; les peintures de l’artiste sont en quelque sorte les représentations mêmes de ces énergies-forces que sont les couleurs, la vitalité ou la sexualité. Les sagesses millénaires montrent empiriquement que dans la réalité des choses, il semble qu’il faille régulièrement réensemencer notre monde intérieur ainsi que le Monde en général : La terre, les rivières, la Nature, les cultures (terrestres, ethniques et intellectuelles) etc… pour que l’Humain et le Monde puissent survivre et prospérer.
Ainsi les peintures de l’artiste semblent avoir ce pouvoir “magique”, démiurgique et transcendant. Elle nous font accéder à ces voyages cosmiques, paradoxalement à la fois intimes et universels, effrayants et salutaires, sur les traces des sages philosophes hindous, amérindiens ou même directement dans les lieux imaginaires et paradisiaques décrits par Lucien de Samosate dans ses Voyages extraordinaires :
- "14. Le Banquet, L’Élysée. (…) C'est une prairie délicieuse, environnée d'arbres nombreux, épais, dont le feuillage ombrage les convives couchés sur un tapis de fleurs. (…) En guise de couronnes, les rossignols et l’ensemble des oiseaux musiciens cueillent des fleurs de leur bec dans les prairies voisines et les font neiger sur les convives qu'ils survolent en chantant."

Semblablement, toutes les images proposées ici par l’artiste sont chacune extraites d’une réalité tangible : des fleur de lotus, la Déesse maya de la pluie Ixchel, les crânes de mort aztèques, l’esprit du Jaguar (El Tigre), les femmes asiatiques liées en bondage et en extase sexuelle, les transes chamaniques etc…qui sont toutes des images de rituels existants ou préexistants, ou des scènes de contemplation.
Ces mélanges iconographiques harmonieux ou chaotiques, peuvent, grâce aux couleurs et aux superpositions créées par l’artiste, provoquer et induire des résonances et des émotions qui nous emportent vers ce lieu universel, au sens vrai de l’Anima Mundi, dans un voyage initiatique, imaginaire ou réel, au centre gordien vital de l’Âme du Monde.
Jean-Pierre Sergent, Besançon le 2 décembre 2015

PORNS GRAFFITIS AND SACRED PATTERNS (2015)

Texte écrit pour l'exposition éponyme à la Galerie Art & Context 101, Bâle, Suisse (13 juin / 29 août 2015)

Les graffitis pornos sont très souvent utilisés dans mes peintures comme des points de repères et d'encrages pour signifier la présence de l'animalité de l'Homme (l'attraction de l'homme et de la femme). Ils son toujours, pour la plupart paradoxalement : enfantins et virils, ridicules et fondamentaux, moraux et immoraux, spontanés et éternels... Ils sont la porte secrète de l'âme et de la Libido, les haïkus du désir, l'extase sublimatoire et transcendante. Mais également génériquement et violemment les anti Histoire, Progrès, Esthétiques, doxas, souvenirs et bourgeoisie. Car c'est la présence vitale au cœur pur, les sexes ouverts, offerts, turgescents en travaillants le laborieux désir dans l'harmonieuse Nature... C'est l'homme avant la Culture, avant le temps, avant l'espace. Ils montrent et indiquent la présence jubilatoire orgasmique de l'acte sexuel pleinement assumé...
Ces dessins sont la liberté première de l'être et de son incontrôlable désir devant l'autre sexe désiré. Abruptement, ils sont la vérité, l'oubli, le rêve, la puissance et l'essentiel amour.
À contrario les patterns géométriques s'inscrivent dans la culture esthétique sacrée et tribalement organisée. Ils sont la beauté aboutie formellement, les témoins des structures composant la matière et peut-être le Vide même ! Ils symbolisent l'ordre, la méditation, la tradition et le détachement... Un espèce d'avant goût d'éternité et des temps cycliques démiurges.
Ces mélanges intimement liés d'ordre et de chaos, créent de facto l'image générale plénipotentiaire pertinente de notre Vie, tout simplement.
Jean-Pierre Sergent, Besançon, le 1 mai 2015

SIMULTANÉÏTÉS, SYNCHRONICITÉS ET CORRESPONDANCES ENTRE LES POÈMES HAÏKUS JAPONAIS ET MES PEINTURES (2015)

Ces petites réflexions me sont venues à posteriori, bien longtemps après avoir réalisé mes peintures avec un mode de travail qui m'est propre et que j'ai développé à New York pendant de nombreuses années ; en lisant ce livre : Haïku, Anthologie du poème court japonais. Dès les premières lignes d'introduction, ainsi qu'en parcourant joyeusement quelques poèmes qui m'ont subjugué, il m'est apparu que mes peintures étaient semblablement organisées et que j'avais depuis plus de vingt ans construit mes peintures à la manière de ces petits poèmes Haïku japonais, toujours constitués de trois vers.

Technique :
En effet de la même façon, les images dans mes peintures sont sérigraphiées en deux ou trois couches superposées au dos des panneaux de Plexiglas. Sans règles strictes, mais en général, ce sont trois couches et chaque image est d'une tonalité de couleur précise et particulière. Successivement sérigraphiées elles sont superposées et la peinture est terminée avec un fond peint à l'acrylique de couleur monochrome qui donne ainsi une tonalité finale à l'œuvre (comme pour les saisons dans les Haïkus). Les thématiques se ressemblent aussi étrangement : le rapport au monde réel, à la Nature, aux moments présents et révélés, à la fugacité de la vie, à la transe, aux esprits, au cosmos.
En voici un exemple :

Le monde
est devenu
un cerisier en fleurs

Par Ryôkan (Japon 1758-1731), in Anthologie du poème court japonais, Corine Atlan et Zéno Bianu, p. 57

Les sujets de ce poème peuvent largement faire penser à cette œuvre de la série des Suites entropiques de 2010 :


Jean-Pierre Sergent, Suite Entropique, peinture acrylique sur Plexiglas, 2011,  1,40 x 1,40 m

Suite Entropique n06, peinture acrylique sur Plexiglas, 2011, 1.40 x 1.40 m     

Cette peinture pourrait en effet être déchiffrée dans le langage "Haïku" de la façon suivante :

Océans de fleurs
ceintes de la mer turquoise
la nuit érotisée

Et cette peinture suivante, toujours de la même série :

Jean-Pierre sergent, Suite Entropique n06, peinture acrylique sur Plexiglas, 2011, 1.40 x 1.40 m

Suite Entropique n04, peinture acrylique sur Plexiglas, 2011, 1.40 x 1.40 m

Oiseaux virevoltant, 64
la pure conscience -
cosmique, la nuit bleue

Ainsi que cette autre :

Suite Entropique n04, peinture acrylique sur Plexiglas, 2011, 1.40 x 1.40 m

Suite Entropique n04, peinture acrylique sur Plexiglas, 2014, 1.40 x 1.40 m

Enceinte rouge sacrée
Chac*, la pluie, les éclairs
jaune primevère

* Chac, est le Dieu maya de la Pluie et des Éclairs

Thémes, mode de penser et de regarder les poésies-peintures :
Bien sûr, l'art n'est qu'émotion pure, donnée et reçue. Encore faut-il avoir l'intelligence et la capacité de donner et de recevoir ! En cela, il est à penser que toutes les sociétés archaïques ayant développé une conscience de soi et de la finitude de la vie en aient été capables. Ceci me semble particulièrement vrai pour la culture japonaise qui grâce à son écriture en Logogrammes ou idéogrammes (mélangeant à la fois l'image et le texte), a semble-t-il pu éviter le piège dans lequel est tombé l'occident, qui oublia l'émotion au cours des siècles ; ceci en grande partie à cause de l'écriture alphabétique, plus ou moins abstraite, donc coupée d'une certaine réalité, de la fange, des vers de terre, du tigre, de la nature, qui ne circulent plus dans la pensée des individus autrement que comme concepts. Cet état de fait crée une sorte de pensée rationnelle analytique dissociant les différentes parties de l'individu et du monde dans lequel il vit. Il faut lire ici, pour mieux comprendre la pensée japonaise animiste et englobante, ce petit passage écrit par Claude Levi-Strauss dans son livre, L'autre face de la Lune :

    "Il est encore plus frappant qu'un pays novateur, à l'avant-garde du progrès scientifique et technique, conserve de la révérence envers une pensée animiste qui plonge ses racines dans un passé archaïque. On s'en étonnera moins si l'on note que les croyances et les rites du Shintô procèdent eux-mêmes d'une vision du monde qui refuse toute exclusive. En reconnaissant une essence spirituelle à tous les êtres de l'univers, elle unit nature et surnature, le monde des hommes et celui des animaux et des plantes, et même la matière et la vie."
In L'autre face de la Lune, page 35

Cette pensée archaïque animiste qui englobe et intègre donc, sans les dissocier, l'ensemble de nos expériences humaines, quelles soient sexuelles, spirituelles, profanes etc... et donnant un intérêt à tout, sans hiérarchisation, provoque de facto, comme au regards de mes peintures, une ouverture sur le monde et vers le spirituel donc !

    "Si le Haïku est un exercice spirituel, c'est au sens où il approfondit le spritus, c'est à dire le souffle, du monde en nous. Il ne célèbre rien d'autre que le charivari du vivant, sans jamais s'interdire ni l'impertinence ni l'espièglerie."
In Corinne Atlan et Zéno Bianu, op. cit. p. 13

"Le sens d'un haïku se révèle, pour la plupart des cas, dans sa proximité avec d'autres haïkus"
Cette phrase est importante car elle montre bien que même si le poème existe de manière individuelle, il résonne aussi avec d'autres poèmes qui l'accompagnent. Il en est également ainsi pour mes grandes installations murales où les peintures sont présentées assemblées côte à côte et dont les couleurs se répondent de l'une à l'autre, comme dans un opéra ou une symphonie. En voici un exemple :

Suite Entropique 18, installation muralepeinture acrylique sur Plexiglas, 2015, 3.15 x 6.30 m
Suites entropiques 18, installation murale dans l'atelier de 18 peintures sur Plexiglas, mars 2015, 3.15 x 6.30 m

Ce grand mélange, ce grand mic-mac de la Vie, ce grand agitateur cosmique et démiurge présent dans mes œuvres est vraiment l'essence même, la raison et le cœur intransigeant et vital de ma démarche artistique. Car je mélange de façon presque alchimique, physique et incantatoire (comme lors d'un rituel maya, hindou ou shintô) des images à l'outrageante vitalité, aux couleurs vives, aux contenus explicitement sexuels et symboliques, incluant gaillardement à la façon de Rabelais, cet autre poète invincible, des textes obscènes qui jaillissent vers le spectateur. Ces iconographies sont mises en situation, entremêlées de patterns, ou de structures géométriques qui s'interpénètrent biologiquement et qui fusionnent ensemble dans un orgasme vital, une véritable Ode à la Vie...!

C'est mon lac intérieur -
dans l'ombre rôde
un tigre noir

Par Kaneko Tota (Japon 1919), in op. cit. p. 202

Jean-Pierre Sergent, Besançon, le 3 avril 2015

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