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Jean-Pierre Sergent

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TRANSCRIPTION DES CONFÉRENCES DE L'ARTISTE JEAN-PIERRE SERGENT - 2020

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EROS UNLIMITED AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE BESANÇON LE 14 FÉVRIER 2020 - Télécharger le PDF (150 KB)


Remerciements : MM. Nicolas Surlapierre, Nicolas Bousquet, la Ville de Besançon & les étudiantes du LP METI (transcriptions : Florine Beligny, Laura Bernardino, Lena Bertrand, Laurie Chardon, Maïlys Pudil et Léa Ternat)


1/3 : LES ŒUVRES NON-EUROPÉENNES OU PRÉ-MONOTHÉISTES - Voir la vidéo

Nicolas Bousquet : Mesdames et Messieurs bonsoir ! Bienvenue à cette soirée de la St Valentin où nous allons, je l'espère, apprendre énormément de choses sur l'art et l'érotisme grâce à Jean-Pierre Sergent, qui nous fait le plaisir et la joie d'exposer, à la foi des œuvres au musée depuis déjà quelques mois : Les quatre piliers du ciel dans le hall du musée mais depuis ce soir, voyez cette sélection de sérigraphies Eros Unlimited, qui est aussi le nom de la conférence de ce soir ! Donc Jean-Pierre Sergent, va nous parler de son travail, de l'érotisme dans l'art, des origines quasiment jusqu'à nos jours et il reviendra pour une rencontre avec Thierry Savatier, historien de l'art et auteur d'un ouvrage de référence sur l'Origine du monde, le dimanche 22 mars, pour faire dans ce même lieu une autre conférence. Donc vous y êtes les bienvenus évidemment et donc je laisse la parole à Jean-Pierre en vous demandant s'il vous plait d'éteindre vos portables pour qu'on ne dérange pas la conférence. Voilà bonne soirée !

Jean-pierre Sergent : Merci, merci !

Bonsoir à tous. C’est vraiment un plaisir d’être ici devant vous dans ma ville parce que ça fait longtemps que je vis à Besançon. Ça fait maintenant 14 ans que je suis ici, après avoir passé 10 ans à New-York. Je vais vous parler un peu de mon histoire et des œuvres d’art que j’ai rencontrées au travers de ce périple de la vie d’artiste, depuis une quarantaine d’années. C’est vraiment un travail de longue haleine d’être artiste et quand les gens pensent à 20 ans d’être artiste, je pense qu’il faut au moins 20 ans plus 20 ans, il faut vraiment acquérir une maturité : à part des artistes comme Basquiat qui a pu rencontrer l’énergie très rapidement.

- I-1, La reproduction, la continuité génétique & les patterns

Donc, je voulais parler premièrement des pôles totem Asmat de Nouvelle Guinée. Ce sont des pôles qui sont au Metropolitan Museum, enfin ceux-ci sont en Nouvelle Guinée et ça parle vraiment de la généalogie de l’être humain. C’est-à-dire qu’ils racontent dans ses pôles… Voyez,  ça c’est dans les Upanishad.

"Des milliers de fois auparavant, j’ai vécu dans la matrice d’une mère, j’ai pris plaisir à une grande variété de nourriture et je fus allaité à tant de seins maternels que je naissais et mourrais de nouveau et continuellement, je renaissais une nouvelle fois."

C'est la pensée hindoue qui nous dit ça, c’est-à-dire que nous, nous pensons que nous sommes uniques mais eux, pensent que nous sommes connectés à un esprit cosmique. Ces totems, je vous en ai parlés. C’est une œuvre qui m’a vraiment influencé à New-York parce ces œuvres montrent, en fait, la continuité généalogique ; en général,  vous avez les grands-parents, les parents et puis l’enfant qui est au-dessus, qui sort d’une éjaculation masculine.

L'homme qui éjacule et ses trois enfants !

Il y a assez peu de femmes, parfois il y en a, mais souvent ce sont des sociétés patriarcales et  parfois c’est une société assez violente, puisque finalement, pour nous, ils étaient cannibales. Mais leur art est très, très fort et puissant ! C’est en voyant ces œuvres que j’ai compris qu’il me fallait faire un travail assez fort, ce que j’espère faire maintenant. Voilà, là on voit bien, au-dessus l’homme qui éjacule et les enfants qui naissent comme ça. Par exemple il y a ici trois enfants. C’est vraiment magnifique et c’est sculpté d’une manière assez phénoménale, assez méticuleuse et il faut dire que ce sont des pôles qui font 3 à 4 mètres de haut ou même plus. Ces œuvres sont au Metropolitan Museum. Quand on est devant ça on est devant une énergie que l’on pourrait appeler génétique et cosmique. Et chez ces Asmats, comme chez beaucoup de peuple auparavant, ils vivent avec leurs ancêtres. Ils travaillent le corps des ancêtres et ils les ornent de plumes, de coquillages et vraiment ce sont des œuvres très très fortes, qui m’ont donné envie de travailler sur le sujet de la sexualité et la mort.

Les patterns génétiques

Je voulais parler ici, bon on saute un peu du coq à l’âne, je voulais parler des patterns (motifs) que j’utilise beaucoup dans mon travail, on peut expliquer que ce sont tous des patterns génétiques comme on en a parlé tout à l’heure, avec le père, la mère, le fils et la fille. Et ça s’intrique comme ça. Il y a un écrivain qui a écrit un très bon livre qui s’appelle Patterns that Connect, dont on verra la photo plus tard et je m'inspire beaucoup de ce livre, parce que nous, on pense que ce sont des choses complètement figuratives, décoratives mais pour eux ça a une signification profonde. C’est vrai que ça les entre dans cette connexion dont on a parlé tout à l’heure. Voyez, par exemple,  j’ai pris cette photo dans un musée et après la photo suivante,  on verra ce que j’en ai fait dans une œuvre. Là,  je vais parler des dieux et des déesses fertiles et sexués. Parce qu’il faut dire qu’en Occident, le dieu ou les dieux ne sont pas sexués. Ça pose quand même un problème à la pensée humaine!

- I-2, Les Dieux et les Déesses fertiles et sexués...

Les vénus préhistoriques

Voici la Vénus de Hôhle Fels, Allemagne, -35 000 BC. Il faut dire qu’au départ, ces sociétés préhistoriques, paléolithiques, avaient besoin de fertilité. Ils ne savaient vraiment pas comment on se reproduisait quelque part, ils n’avaient pas relié la sexualité et la maternité et tout ça. Mais ils avaient quand même conscience qu'il fallait que la femme soit généreuse quelque part, abondante dans sa chair pour régénérer le monde et les nouvelles générations. Donc c’est une très belle statue. Aussi,  cette petite statue d’Iran, c’est magnifique vraiment, ça fait penser à certains artistes contemporains d’aujourd’hui. On voit des tatouages. Bien sûr,  on a perdu des œuvres, parce que beaucoup d’œuvres d’art faites à cette époque-là étaient aussi faites sur des vêtements sans doute et tout a été perdu. Il nous reste quelques statues sur os ou sur pierre ou dans les cavernes. Voilà aussi une belle statue qui est de France, la Venus de l'Abri Pataud, - 20 000. Ça c’est une déesse iranienne encore, qui est magnifique. J’ai trouvé ça sur internet, on voit les seins sont bien notés, le pubis aussi avec la fente. C’est très important parce qu’il faut penser qu’en Occident, le sexe n’est jamais signifié avec la fente pendant au moins 500 ans. Et bien sûr,  le sexe de l’homme en érection n’est jamais signifié non plus.

Les statues indiennes

Ça, c’est en Inde :

"Les femmes sont montrées nues, présentant leur vagin aux fidèles en souvenir du samasara, porte d'entrée dans le monde de la vie, du plaisir, de la souffrance et de la mort."

Il ne faut pas oublier qu'il y a le plaisir et la souffrance et la mort bien sûr qui nous accompagnent tout au long de notre vie… C’est une très belle statue, il faut voir les temples en Inde, je n’ai jamais eu la chance d’y aller mais j'éprouve toujours devant ces œuvres un sentiment de joie et aussi de non-terreur parce qu’on est terrorisé en Occident, parce que l’Occident est terrorisé et angoissé par la sexualité !
Voyez ces temples, vous montreriez ça aujourd’hui dans un musée, le musée fermerait ! Ça pose un grave problème, il y a quand même des scènes de fellation, de sodomie… Ils s’en donnent à cœur joie. Certains temples sont décorés à l’extérieur et sont vides à l’intérieur pour représenter la matrice, le lieu où on est créé si vous voulez. C’est magnifique ces statues, vraiment ! Voyez ces statues, on peut penser à des porno stars d’aujourd’hui qui ont ces corps là, mais ça s’est environ 200 après JC. Les hindous avaient compris cette sensualité parce que d’une part, ils vivent dans des pays tropicaux et forcément la nature et la nourriture sont plus sensuelles et donc bien évidement les hommes et les femmes sont plus sensuels, ça coule de source. C’est un ensemble. J’aime beaucoup les sociétés mayas aussi pour ça. Là, vous connaissez tous le Kâmasûtra, on voit que l’acte érotique est bien signifié. La femme prend son plaisir, l’homme aussi. Il faut dire que ces petites miniatures étaient sans doute pour la cour de certains princes. Mais ce sont des images qui étaient quand même assez raffinées… Parce qu’en France, les dessins érotiques étaient vraiment, je vous le montrerai tout à l’heure, tragiques quelque part, tragico-comiques. Voilà encore une statue avec, à côté, le lingam qui est le symbole phallique en Inde. Ce sont des lingams en pierre qui font peut-être 1 à 2 mètres de haut. Les deux côtés masculins et féminins sont honorés dans ces sociétés et je trouve que c’est très intéressant. Voilà une trace de vulve au sol ; souvent,  ce sont les femmes qui tracent ces œuvres-là dans la glaise ou dans le sable. C’est beau, tout simplement. C’est un Yoni tracé dans le sol, vulve symbolisant la force de la création féminine Shakti. Ici vous avez le schéma du lingam et du Yoni, donc il y a les dieux qui sont intégrés aussi dans ce schéma sexuel, il y Vishnu et Brahma le créateur. Je trouve cela fabuleux, vraiment c’est magnifique ! Encore une image érotique, voyez ça c’est un homme et une femme royales faisant l’amour, c’est en Inde classique. Je voudrais revenir un peu là-dessus, on voit la déesse Kali qui se décapite lors d’un coït pour régénérer le monde. C’est-à-dire que toutes ces sociétés traditionnelles ont la notion de sacrifice, c'est à dire que la vie n’arrive pas comme ça par hasard. Quelque part, il y a d’autres personnes qui se sacrifient ou la nature se sacrifie pour que nous puissions vivre.

La danse des chimères
"Le lac brille, on entend sa voix, il mâche son copal,
les chasseurs parlèrent, avant de commencer la danse,
mais puisque les dieux veulent se nourrir 
de leurs créatures et n’existeraient pas
si leurs créatures en vivant ne les nourrissaient,
exister c’est nourrir les dieux,
la peinture demande l’aliment des yeux
et n’existerait pas si les yeux ne la nourrissaient,
c’est en voyant seulement qu’on peut nourrir la peinture,
et voir n’est pas voir seulement avec les pupilles des yeux-dieux mais voir avec les yeux de tous ceux qui voient." 
Miguel Angel Asturias, Messages indiens 

Ici, on voit Kali qui copule et son deuxième moi, son âme ou son corps éthérique se décapite, le sang jaillit de son cou et ses servantes récupèrent son sang. Symboliquement, ce sont des œuvres qui sont très fortes. Et je pense que les psychanalystes peuvent se pencher là-dessus pendant des années sans rien comprendre. C’est quelque chose, c’est cette énergie cosmique dont on peut parler ici. Il y a aussi quelques nénuphars en bas, nénuphars symbole de sagesse, d'achèvement et d'éveil du Buddha. Je voulais parler d’un film que j’affectionne particulièrement, c’est La route des Indes, où une anglaise arrive en Inde et et où elle voit toutes ces statues sensuelles indiennes et ça booste sa libido, c’est qu’elle n’avait pas (ou plus) de libido comme beaucoup d’européens. Les statues indiennes travaillaient sa libido et sa sexualité. Et elle avait inventé une histoire que le guide indien, qui était médecin, l’avait violée dans des grottes. C’est un très, très beau film que je vous conseille de regarder quand vous en aurez le temps.

Ici on voit le vide métacosmique, c’est-à-dire que pour les hindous, tout est créée, on peut expliquer ça comme un big bang cosmique. Là il n’y a pas de point bindu en général il y a le point bindu au milieu. Les triangles féminins sont vers le haut et les triangles masculins vers le bas. C’est toujours cette intrication sexuelle, et c’est le commencement du monde dans l’océan originel avec l’intrication des triangles féminins et masculin dont je viens de parler. C’est comme une matrice où le monde se crée et où l’être humain est créé. Ça change de la création biblique. Ça c’est un travail que j’ai fait en rapport avec ce yantra, dans lequel j’ai ajouté le point bindu au milieu.

Ça c’est une peinture sur un vase mexicain. Il n'y a pas tellement d’érotisme c’est tellement érotique si vous voulez… Ce sont des guerriers ou des nobles mayas et quand vous voyez leurs costumes, ils ont intégré toute la nature qui est autour d’eux. On voit des serpents sans doute, on voit les plumes. C’est un monde en eux-mêmes, c’est une cosmogonie en eux-mêmes. Ils appartiennent au monde et ils représentent le monde, et je pense quand on devait être devant des personnages comme cela ça devait être sacrément impressionnant ! Ce n'est pas le ridicule Louis XIV ! C’est autre chose ! C’est une dimension cosmique vraiment ça…

Il se trouve que j’ai eu la chance de voyager quelques fois au Mexique avec mon amie Olga, où j’ai eu la chance de découvrir le Musée d’Anthropologie de Mexico et donc là c’est la déesse Coatlicue, la déesse de la fertilité et de la Terre en mythologie aztèque. Et donc, ça c’est pas du tout la Vierge Marie voyez : ça dégage, ça envoie quoi ! Parce qu’elle a une tête de serpent, autour d’elle, elle porte des crânes de morts, des cœurs : c’est vraiment une statue sacrificielle, régénératrice. Je vais lire ce texte-là : "Elle est représentée comme une femme portant une jupe de serpents entortillés, un collier de cœurs humains, de mains, de crânes. Ses pieds et ses mains sont ornés de griffes (pour creuser les tombes) et ses seins pendent, flasques d’avoir beaucoup allaité. Si Coatlicue porte sur sa poitrine les mains, les cœurs et les têtes de ses enfants c’est pour les purifier."

Ça, c’est vraiment la déesse mère par excellence avec une force tellurique incroyable. Parce que les mayas sont bien sûr polithéïstes et pour eux c’est leur mère, la déesse Coatlicue. Et je voulais vous lire cette phrase parce que ça me fait mal au cœur…

"On racontera plus tard que quelques indigènes s’introduisirent le soir en cachette pour déposer des couronnes de fleurs sur cette statue. Une preuve que, en dépit des plus grands soins déployés par le clergé espagnol (les pauvres cons !), en 300 ans, il demeurait toujours un reste de croyance païenne parmi les descendants des autochtones."

Et ça, c’est terrible ce que l’Eglise catholique a fait envers ces peuples-là, tous les indiens qui ont été massacrés… C’est un génocide incroyable (un ethnocide même !). Bon, bien sûr les églises se sont un peu calmées aujourd’hui, mais il y’a d’autres monothéistes iconoclastes qui détruisent beaucoup de choses, mais c'est important de savoir que tous ces peuples ont été dépossédés de leurs cultures, voilà !

"Coyolxauhqui est la fille de Coatlicue, celle qui a des grelots peints sur le visage. Et la déesse de la Lune, chez les aztèques elle est la fille de Coatlicue : on dit qu’elle avait dressé les étoiles contre sa mère en apprenant que celle-ci était enceinte."

On voit la jalousie dans les mythologies, partout ! C’est un sentiment un peu triste, la jalousie, enfin bon ça existe aussi… Et c’est aussi une œuvre qui est magnifique ! Très, très belle…

Éros & l'Égypte

Ça c’est une statue égyptienne qui est au Louvre, toute petite et j’ai fait aussi une sérigraphie après avoir pris cette photo. Voyez la robe qui est vraiment contemporaine, c’est un design impressionnant. Je parle de sensualité, je ne parle pas de sexualité mais malgré tout c’est… ça provoque du désir de voir cette femme. Là, l’image n’est pas terrible c’est Geb et Nout, la création du monde. Or, on voit bien le dieu qui… qui bande quoi en deux mots ! Et la déesse Nout qui le reçoit, la déesse Nout c’est la déesse du Ciel et des étoiles et Geb c’est le dieu de la Terre. Donc il y a cette rencontre entre le ciel et la terre, unis par le pénis… C’est très très beau, c’est une image magnifique. Là on voit un dieu ityphallique Katoumef. Bon, on ne voit jamais le dieu chrétien… ityphallique, ça n’existe pas dans nos religions, c’est triste !


La beauté de l'éternite Égyptienne

Ça, c’est une photo que j’ai prise au Metropolitan Museum ; c’est le visage d’une statue égyptienne sur un sarcophage égyptien et j’ai vraiment toujours été amoureux de cette momie, c’est vraiment un visage qui m’émeut particulièrement. C’est une momie qui a plus de trois ou quatre mille ans on ne sait pas ! Mais ce visage est tellement sensuel et serein, qu’il m’a toujours beaucoup ému.

Ça, c’est aussi une petite statue qui est au Louvre, et les 13 points vitaux ont été transpercés par des aiguilles de cuivre, pour demander l’amour absolu et éternel d’un amoureux(se) ! Bon on est la St-Valentin, vous pouvez faire ça aujourd’hui, sauf qu’il faut que ce soit enterré dans la tombe de quelqu’un qui est mort de mort violente, donc là je sais pas si vous connaissez des criminels ce soir, mais bon voilà ! Ils ne plaisantaient pas avec l’amour là-bas ! Et cette petite statue était entourée d’une feuille de plomb, où il y avait écrites toutes les formules magiques pour s’accorder l’amour éternel de l’être aimé : j’adore cette statue.


La Grèce & Rome

Là on voit la Grèce ou Rome, où les corps commencent à se désexualiser un peu, le sexe est quand même représenté mais on ne voit plus les poils ni la fente, mais bon c’est comme ça et c’est beau malgré tout. Ça c’est une photo que j’ai prise au Louvre, qui est aussi magnifique, elle est très sensuelle cette statue ; j’ai fait un travail sérigraphique avec cette image. Le marbre est superbe, vraiment c’est d’une sensibilité incroyable aussi.

Voici des œuvres érotiques grecques : on y voit le jeu érotique, on sent qu’ils n'ont pas encore cette angoisse occidentale envers la sexualité, le corps était quand même bien honoré sa totalité en Grèce. Pour ceux qui parlent anglais je vous conseillerais la lecture de ce livre The Alphabet Versus the Goddess/ The Conflict Between Word and Image par Leonard Shlain qui a été pour moi très important : j’avais vu cet auteur à l’Open Center à New York et justement il était allé en Grèce et il avait vu ces nus comme ça, dont le sexe n’était pas caché et qui étaient entièrement libres de leur sexualités et de leur vies. Et il s’est dit mais qu’est-ce qu’il s’est donc passé en occident pour que le corps soit autant réprimé dans la littérature et dans les arts ? Et il pense, parce qu’il est de neurochirurgien ; il pense que c’est à cause de l’opposition entre le cerveau gauche et le cerveau droit, le cerveau gauche étant celui du texte (le droit celui de l'image) et il a réfléchit à chaque fois que le texte prenait l'avantage sur le cerveau droit, les femmes étaient réprimées (voir brulées vives !) comme à l’invention de la Bible de Gutenberg, on a pas mal chassé de sorcières, de femmes sorcières, donc ça pose vraiment un problème et c’est un livre qu’est illustré et qu’est vraiment très très intéressant à lire.


Les poteries érotiques Moche

Là, je voulais évoquer la culture Moche (pré-incaïque), ce peuple-là avait une culture d’œuvres érotiques : ils fabriquaient des vases et sur ces vases ils mettaient toujours des scènes soit de fellation soit de sodomie, c’est une culture assez peu connue, mais j’ai eu la chance de voir une belle exposition de ces œuvres là au Musée Ethnologique de Vienne et leurs œuvres me passionnent vraiment, donc à la fois ils servaient de l’alcool on sait pas pour quel rituel c’était fait ? Mais ce sont des œuvres vraiment magnifiques. Voilà donc là on voit une scène érotique aussi.

Ici on voit un homme ithyphallique. C’est marrant parce qu’on sent cette joie d’être en vie.
Ça, c’est une statue amérindienne qui est au MET, j’ai toujours aimé cette photo, on sent que c’est une femme  amérindienne, qui a les pieds sur terre, qui a enfanté, qui est heureuse dans sa sexualité, dans sa vie, enfin bon c’est ce que j’assume, mais c’est une belle présence.

Et je voulais finir ce petit chapitre en disant qu’à Madagascar,  beaucoup de statues sur les tombes présentent des scènes de copulation, ici, on voit une femme très sexualisée pour bien sûr générer la vie, ça nous change un peu nos douloureux Christ en croix. Ça ce sont aussi des statues de Madagascar.


- 2/3, La poésie, le plaisir, le désir et les shungas japonais - Voir la vidéo


Shungas érotiques japonais | images du printemps, époque Edo (1600 - 1868)

Bien sûr, je ne pourrais pas faire une conférence sur l’érotisme sans parler des shungas érotiques japonais que tous le monde connait !

"Ces premières estampes Ukiyo-e furent conçues pour illustrer les manuels explicites sur la sexualité, le sexe était considéré dans le Japon de l’époque, comme une fonction naturelle et un moyen de s’amuser. Donc, ces images qui seraient censurées de nos jours, n’avaient rien de particulièrement choquant."

Bon donc voilà, c’était l’éducation sexuelle de l’époque et heureusement ce sont des grands artistes qui ont illustré ces scènes-là et bien sûr ce sont des œuvres absolument magnifiques. Voilà, les shungas de vulve et c’est aussi superbe les couleurs, vous voyez c’est juste un rouge qui est délié un peu au rose, il y a juste deux couleurs là-dedans ce sont des gravures sur bois (xylographie) je crois. Et là, on voit cette œuvre magnifique en quatre parties, on voit une œuvre de sodomie et c’est vraiment… La façon dont les plans sont découpés, c’est presque cinématographique et bravo à l’artiste qui s’appelle Torii Kiyonaga, 1785. Et bon, en France, on avait des gens qui faisaient des gravures un peu obscènes mais ce n’était pas artistique à ce point-là. 

Voilà un autre shunga. Donc dans ces shungas tout est décrit pratiquement, toutes les scènes érotiques peuvent être décrites. Voilà donc là, on voit une vue avec un immense sexe bon les japonais augmentent la taille des sexes… C’est leur choix ! Nous on a bien la Tour Eiffel !
Une autre gravure érotique… Il y a eu un peu un âge d’or de ces shungas et bien sûr aujourd'hui, ces shungas ont donné les mangas que tout le monde connait. Les mangas érotiques (hentai) au départ, c’était vraiment des grands artistes enfin, qui sont devenus des artistes très célèbres qui ont commencé ça. Et donc, je voulais en venir à l’Occident, voilà l’image d’une vulve en Occident, c’est vraiment à l’opposé de ce qu'on a vu ! On sent toute la morale, on sent presque le déplaisir, on sent une doctrine et donc, ce n'est pas quelque chose qui donne envie ! C’est vraiment la rationalité dans toute sa splendeur. Il faut dire que c’est intéressant, mais l’Occident a perdu cette joie, cette poésie de créer, de procréer et peut-être de la sexualité aussi.

Guatemala | Cantate
Patrie des lumières parfaites, tu étaisla fête mélodieuse, agraire et ingénue,
mais aujourd’hui des bras en croix couvrent tes champs! […]
Patrie dont les plaisirs parfaits naissaient
aussi du son, de la couleur, du goût et du parfum
que maintenant nos sens repoussent horrifiés !
Miguel Angel Asturias, Messages indiens


PARTIE 2/3 : II, ADAM & ÈVE, LE PÉCHÉ, L'ORIGINE DU MONDE & QUELQUES ŒUVRES DE L’ART OCCIDENTAL
 (Voir la vidéo)


- II-1, Adam & Ève, l'exil humain & les mythologies

Là, je voulais parler bien sûr du péché originel et aussi de l’exil humain parce qu’on sait que presque toutes les cultures humaines sont exilées. On dit que le berceau de l’humanité est en Afrique ? Peut-être ? Donc on se sent tous exilés de notre Afrique matricielle. Donc je vais parler de quelques œuvres mythologiques occidentales. Voilà l’Occident, l’image est assez simple, vous avez Ève qui a quand même des seins, mais bon le sexe est caché bien évidemment, le sexe de l’homme (Adam) est caché, il y a le serpent, l’arbre d’Eden mais bon c’est quand même restrictif par rapport à la grandeur et à l’universalité de la conscience ; c’est pauvre, bien que cette œuvre soit très belle, mais humainement c’est pauvre. L’arbre du bien et du mal voilà la moralité. Et là, Adam et Ève chassés du Paradis, c’est assez violent, quand on y réfléchit, c’est-à-dire qu’il faudrait presque aller tuer nos parents parce qu’ils nous ont procréé et qu’ils nous ont chassé de facto du Paradis ; ça crée quand même des générations de timbrés, excusez-moi de le dire, mais pour moi ça pose problème. Encore une fois bon, Dieu créateur donc dans les monothéistes c’est toujours le Dieu qui créée, c’est pas les Dieux, c’est pas les fleurs, c’est pas les arbres, il crée le monde en sept jours. Et les pauvres Adam et Ève sont chassés du Paradis parce qu’ils ont enfanté donc c’est un paradoxe total avec la vie quelque part ! On peut parler d’anti-vie sans se tromper beaucoup ! Voilà alors là, c’est le bel Adam et Ève d’Albrecht Durer qui est au Prado à Madrid. Et donc on voit que le sexe n’est pas figuré, il est caché par des feuilles de vignes ou de pommier, mais malgré tout, j’y reviendrai avec l’illustration suivante, on voit que la femme touche le sexe de l’homme, tout devient symbole et le symbole, ce n'est pas la chose vraie. et le symbole c’est pas la chose vraie. Comme j'en ai parlé tout à l’heure à propos de la déesse Coatlicue… Quand les Aztèques ou les Mayas incarnent un Dieu, ils ont des serpents sur eux. Quand ils régénèrent le monde ils tuent une victime, ils l’écorchent et ils mettent la peau de la victime sur eux ! Ça dégage, c’est pas un truc comme ça à la con, c’est la vraie vie ! La vie est très violente quelque part donc là on est dans une idéologie, mais c’est très beau… Mais on est quand même dans une idéologie complètement hors vie (hors corps !) encore une fois. Vous voyez, on voit le détail là, de la main d’Eve et on peut dire que c’est érotique, le sexe est caché, c’est peut-être plus érotique, mais malgré tout il est caché quand même. Donc comment imaginer notre corps dans sa totalité. Voilà, c’est une image pornographique contemporaine, voilà ce qui se passe dans la vraie vie quoi, enfin bon, pas pour tout le monde.
Et là, on parle de deux œuvres de ce musée, La mort de Lucrèce, de Lucas Cranach dit l’ancien, sont des œuvres très, très érotiques parce que bien qu’il y ait un petit voile, le sexe est quand même indiqué et les seins sont on peut dire en érection quelque part et elle se perce le sein avec ce poignard qui est quand même un symbole éminemment phallique. C’est une très, très belle peinture et il faut dire qu’il faut remonter à 1520, donc ça fait 500 ans que l’érotisme a été un peu bannit des peintures. Celle-là pareil, on sent que c’est une femme qui se masturbe.  Avec la source qui passe là... Il y a aussi d'autres symboles, mais la source et la main vers le sexe : c’est une femme qui se donne du plaisir, pour moi, après chacun à son interprétation, je ne veux pas l'imposer à personne. La pornographie contemporaine a quand même (il y a du bien et du mal !), mais elle a quand même remis le corps dans son entièreté et nous a fait réintégré notre corps dans le désir.
Là, j'en viens à Léda et le Cygne parce que je vais en parler un peu plus tard. Dans ces mythologies, il y a toujours un animal ou un arbre qui crée, c’est-à-dire qu’ils étaient plus en relation avec la nature, cette relation qu’on a perdu aujourd’hui, on a bien définitivement perdu ça. Mais je veux en revenir à ce tableau pour parler de Léda du Cygne. Voilà un tableau de Pierre-Paul Rubens. Forcément, les artistes avaient des vies sexuelles "normales" et donc, ils devaient créer des œuvres dans lesquelles on ne parlait pas du tout de la sexualité, ça pose problème. Ce problème a été plus ou moins résolu avec l’arrivée du XXème siècle et j’en parlerai tout à l’heure! Mais bien sûr que le cygne figure le sexe masculin. Ça c’était toléré dans les musées et on voit bien que la femme suce le bec du cygne, enfin c’est très, très érotique, enfin bon c’est très, très érotique et les artistes étaient obligés de passer par quelque chose d’autre (des métaphores). Donc là, je voulais parler des cygnes justement, parce que moi je fais du canoë et c’est pour montrer que ces mythologies sont complètement arbitraires et fausses, parce que les cygnes ne sont pas des êtres très coopératifs et très gentils. Quand j’ai fait du canoë, j’ai mis mon canoë à l’eau et ce cygne-là a volé à un mètre de haut et il m’a foncé dessus, j’ai pris ma rame et boum ! Je ne l’ai pas tué, parce que ma sœur était là et a pris cette photo ! Mais c’est des sacrées saloperies ! Il faut vous méfier des cygnes ! Donc on se rend bien compte que ce tableau-là, c’est un truc mythologique absurde et purement frictionnel ! Parce que déjà approcher un cygne c’est dangereux, mais alors faire l’amour avec un cygne, je ne vous le conseille pas ! On voit ici la Naissance de Vénus, Botticelli, c’est un tableau très sensuel également, il est magnifique ! Mais c’est toujours aussi le souffle de vie qui arrive par le souffle et n’arrive pas par le sexe, c’est comme ça. Il faut accepter nos faiblesses quelque part aussi. Ça, c’est une statue érotique que j’ai trouvé sur Internet mais je ne sais pas du tout où elle est et je trouve ça fabuleux de mettre ça dans une église sur un tombeau, alors là c’est très fort. Elle est très belle ! Vous voyez il y a trois pénis et la femme est ouverte comme ça, c’est quand même une œuvre très érotique. Je pense qu’elle date peut-être du Haut Moyen-âge ou quelque chose comme ça. Je n’ai pas pu trouver plus d’informations sur cette statue. 


- II-2, Ulysse & les sirènes & quelques œuvres érotiques de l’art occidental - La terreur devant la jouissance féminine

Donc là,  je vais parler de cette sortie du Paradis et d’Ulysse, parce que bien sûr, c’est un peu comme le périple d’Ulysse qui a laissé sa femme à la maison et puis qui revient après dix ans d’absence et sa pauvre Pénélope qui tisse sa tapisserie en l’attendant. Comme je l’ai dit auparavant, on est tous un peu en exil et je voulais vous parler des Sirènes d’Ulysse et de la peur, de la terreur devant la jouissance féminine.

Ici, on voit une statue du Moyen-âge, aux traits grotesques présentant une exagération des organes vitaux, c’est en Angleterre et donc à une certaine période l’église, bon disons Xe ou XIe siècle, les gens montraient encore le sexe mais peut-être pour effrayer le monde aussi, ça c’est assez effrayant quelque part. Je parlerai tout à l’heure d’une artiste américaine qui a repris cette statue dans son travail. Aussi une statue où le sexe est bien marqué là, c’est bien, avec les seins, l’église romane.


Les Vierges Maries (ultra vierges)

Voilà ce qu’on voit à partir du XVe siècle donc la Vierge-Marie ne fait plus qu’allaiter (plus de sexe), c’est-à-dire qu’elle était asexuée, bon je vais pas critiquer, on connait tous l'histoire... Et les hommes sont toujours asexués ou enfantins. Il n’y a plus d’hommes puissants & ithyphalliques comme on pourrait dire. C’est une procréation hors sol (Ex nihilo) quelque part, on pourrait presque dire ça. Voilà, malgré tout, cette image est assez érotique parce qu’elle est un peu contemporaine et ses vêtements font un peu penser à des vêtements sadomasos. J'ai trouvé belle cette image : Madone entourée de séraphins et de chérubins" (1420, Jean Fouquet). C’est pareil, le poupon est un peu empâté, empoté mais c’est intéressant quand même malgré tout. Donc je reviens à Ulysse et ses sirènes, Ulysse à dû se faire attacher sur sa trirème pour ne pas succomber aux cris des femmes, les cris des femmes sont les cris de la jouissance féminine. Pourtant il a eu d’autres aventures au cours de son périple mais malgré tout il a dû se faire enchaîner pour résister à son propre désir. Quelque part vivre en société c’est un peu ça, c’est à dire enchaîner nos désirs pour cohabiter ensemble. Et c’est une image intéressante, cette histoire de s’enchaîner, de demander à être enchaîner pour ne pas accéder à notre énergie vitale, il faut y réfléchir ! Voilà une autre sirène et un centaure. Donc pour parler de la sexualité, on est obligé de s'en découper une partie corps en corps animal. C'est assez problématique ! Voilà Ulysse et les sirènes, c'est une belle mosaïque romaine. On pensait que l’antiquité était une période de grande liberté sexuelle mais peut-être pas tant que ça. Il faudrait y réfléchir quand même.


- II-3, "L'origine du monde", le retour à la maison, la fin de l’exil !

L’origine du monde, je voulais parler de L’origine du monde de Gustave Courbet et je voulais commencer ma conférence avec ce tableau là, mais je voulais vous présenter un peu d'autres œuvres auparavant. Tout le monde en occident le connaît comme un des seuls tableaux représentant un sexe de femme dans l’histoire de l’art et auparavant avant de parler de ça je souhaitais citer Anselm Kiefer qui est un artiste contemporain allemand « l’éthique ça n’existe pas dans l’art car l’éthique et la moralité sont toujours liée au temps, la morale change toujours alors un artiste ne peut pas avoir de moral car sinon il est figé dans le temps » Il faut bien comprendre ça, c’est que nous autres artistes, on est obligé d’être en dehors sinon on fait ce que la société nous dit de faire, Anselm Kiefer et les artistes allemands plus que les français, ont pu acquérir une puissance dans leurs œuvres d’art car ils payaient quelque part la dette de l’Allemagne qui avait exterminé dans le monde et les allemands qui ont fait ces guerres mondiales. Je parlerais plus tard de  pourquoi le corps et la vie reviennent dans la peinture. Il y a des gens qui se sentent coupables quelque part, ou victimes et puis il faut payer le prix fort, on ne crée pas de guerre sans en payer le prix esthétique et aussi émotionnel. Voilà cette peinture ! J’en parlerai plus en détails quand mon ami Thierry Savatier viendra en parler parce qu’il a écrit 2 – 3 livres au sujet de ce tableau là uniquement. Au-delà des anecdotes on voit bien que le sexe, les poils et les lèvres du pubis sont figurés. C’est un très beau tableau qui heureusement n’a pas été détruit. Il aurait pu être détruit et maintenant il est a Orsay et j’ai eu la chance de le voir à New York, il est aussi venu à Ornans également. Pour les occidentaux (les français en particulier), c’est la seule chose qu'ils connaissent du sexe féminin, c’est assez grave ! Enfin, c’est la plus célèbre et voilà une autre image qui y ressemble exactement, c'est une image pornographique contemporaine, là le sexe est plus évident car c'est une photo ! 

Je voulais parler de Gauguin qui s’embêtait tellement en Europe qu’il trouvait triste et grise, qu’il est parti à Tahiti. Il a même aidé à creusé le canal de Panama et il avait inventé cette maison du jouir en 1901, juste au début du XXe siècle. "Soyez mystérieuses, soyez amoureuses, soyez heureuses". C’est un peu une injonction mais c’est un plaisir qu’il a trouvé dans les îles Marquises. Aujourd’hui on aimerait enlever les Gauguin des musées et on arrive à un sacré problème. J’ai un grand respect pour son travail et pour son courage. Voyez cette toile qui est magnifique, voyez les ocres, les rouges, les bleus cobalts, ça fait penser un peu au paradis... Et c’est ce qu’il cherchait… Et ce que l’on recherche tous. 

Voilà une statue de Rodin qui là aussi montre une image de sexe ouvert. Rodin a aussi beaucoup de courage car c’est le corps qui l’obsédait, car les sculpteurs sont plus obsédés par la présence du corps que les peintres car ils ne peuvent pas tricher. Forcément quand on représente un corps nu, il est nécessairement sexué. Voilà cette belle danseuse cambodgienne, 1906 c’est vraiment  magnifique cette sensualité… Et beaucoup de ses artistes étaient allés au Cambodge, au Maroc pour retrouver une sensualité qui disparaissait en Europe avec l’industrialisation, le travail à la chaîne et le désespoir. C’est sûr que les sociétés paysannes et traditionnelles souffraient beaucoup moins de la dichotomie entre la nature, le travail et la société. Encore un autre dessin de Rodin.


Egon Schiele, La douleur érotisée

Là, je passe à Egon Schiele, car tout le monde connaît ses œuvres érotiques, on sent qu'il est tourmenté, pourtant, c’est une œuvre de 1913, juste avant la première guerre mondiale et je pense que la société Autrichienne devait être très angoissée pour que les artistes créent des œuvres aussi tourmentées. Forcément il y avait peut-être des épidémies aussi qui ont changé la face du monde et après la guerre, on va voir d'autres dessins de Schiele où le corps a été tellement maltraité que ça ressort dans ses œuvres. Voici une œuvre érotique, c'est un peu un érotisme de bordel, on sent que c’est un érotisme du désespoir, un érotisme auquel on s’accroche quand on ne croit plus en rien et je pense qu’il a beaucoup souffert. Je ne connais pas sa vie en détail, mais ce sont des artistes qui ont beaucoup souffert comme  Antonin Artaud dont je parlerai tout à l’heure. Ces œuvres sont terribles quelque part ! Voilà un autre tableau de Schiele de 1915. 
Là, je passe à Klimt, on sent que son travail est plus décoratif et zen, il est moins angoissé que Schiele et c’est un peu le « baba-cool » de l’époque et c’est très beau, magnifique, il dit « tout l’art est érotique. » Et on ne peut pas dire quelque chose de plus vrai, C'est à dire que même si on peint des fleurs ou comme Giorgio Morandi des céramiques, des assiettes, des poteries il faut que la sensualité reste. Et là, je voulais évoquer ces Demoiselles d’Avignon et rendre hommage à Picasso, ce tableau, je le connais très bien puisqu'il est au MOMA à New York où j’ai eu souvent l’occasion d’aller le voir et on trouve vraiment, dans ce tableau, ce qu'on peut appeler l’énergie vitale primaire. On sent que ces femmes (qui sont dans un bordel) sont des travailleuses du sexe et qui sont là pour séduire et pour baiser. C’est Eros incarné avec ces yeux à la Picasso, comme ça. On ne sait pas si c’est elles qui nous regardent ou si c’est nous, c’est un effet miroir impressionnant. Un tableau que j’aime beaucoup, et je ne vais pas parler de Picasso longtemps, mais il faut lui rendre hommage car comme Gauguin il a intégré d’autres cultures (l’art africain et nègre comme on l’appelait à l’époque) pour réintégrer cette énergie qui avait complètement disparue de la peinture de chevalet de l’époque. Et donc il a pu ouvrir ce XXe siècle a d’autres expériences et formes de corps, de désirs et on voit que le tableau est rempli entièrement : toute la surface est remplie, c’est vraiment un tableau-énergie ! On peut voir une scène du Moyen Âge où des corps se baignent en toute joie en se touchant un peu, au XVe siècle c’était une époque plus innocente vis à vis du sexe. Là je veux rendre hommage à Amedeo Modigliani, parce que c’est une toile qui est au Guggenheim et que je vais voir souvent. Lui aussi à peint les nus comme ça, on ne sait pas trop qui c’est, mais on sent la sensualité de cette femme qui dort. Je veux parler de la vie des artistes parce que, Modigliani vivait dans une misère totale et le fils de Chagall en parlait à la radio l'autre jour. Son père lui avait dit : "Surtout ne devient jamais artiste, j’ai connu Modigliani et il mangeait les graines que les gens donnaient aux oiseaux !" Et maintenant ce tableau vaut peut-être 30 à 50 millions de dollars. Donc il y a un décalage abyssal entre la création et l’apogée des œuvres des artistes et je pense que la France est un pays qui ne s’honore pas à aider les artistes. Car les artistes qui crevaient la dalle à l'époque, ont souvent été sauvés et soutenus par les collectionneurs étrangers américains et allemands. Là, je voulais parler du Douanier Rousseau, dans ces œuvres, il y a une innocence et une cruauté reliés à ce paradis où on peut vivre librement. Le désir est incarné par les deux lions et il y a cette luxuriance que l’on trouve dans les vases maya, qui me plaît énormément. C’est le tableau de l’innocence.


PARTIE 3/3 : LE RETOUR DU CORPS SEXUÉ, LES ARTISTES CONTEMPORAINS & LES ARTISTES FEMMES AMÉRICAINES - Voir la vidéo

Donc là, je voulais parler du retour du corps sexué avec Frida Kahlo qui est une de mes artistes favoris, bon on sait tous l’histoire de Frida Kahlo, mais en deux mots c’est une artiste mexicaine qui a eu un grave accident de voiture quand elle était adolescente et qui a souffert toute sa vie de douleurs atroces ! On la voit dans ce tableau avec sa colonne brisée et elle est importante car c’est une artiste femme, je reviendrai plus tard sur l’art féminin que l’on connaît très peu et ses tableaux ont une force assez particulière. Là, on voit Frida Kahlo, elle avait fait une fausse couche à l’hôpital Henry Ford et elle décrit vraiment ce qu’est une fausse couche ! Ce n’est pas de la gnognotte comme on dit, c’est vraiment grave. Elle parle de son bassin, de ses os, de son gamin qui est mort et de son corps qui saigne. Tous ses tableaux ont cette puissance-là, évocatrice de ce qu’est la vie réelle quand on va dans les hôpitaux, quand on est dans la souffrance… Et dans la joie aussi ! Là, on la voit, je trouvais cette photo magnifique, elle s’est prise nue, bon c’était un peu une pop star de l’époque ! Elle jouait un peu le jeu de la femme artiste et elle a eut bien raison car on la connaît aujourd’hui grâce à son courage et à sa ténacité. Là, elle écrit une lettre à son ami photographe, elle a eu plusieurs amants bien évidemment, Nickolas Muray et je vais vous lire cette lettre parce que ça nous fait réfléchir sur la situation de l’Europe et de la France en particulier. Alors elle parle de certains surréalistes, car certains artistes français l’avaient invitée à participer à une exposition en 1939 où elle n'avait pu montrer que quelques tableaux, car malheureusement, la plupart de ses tableaux ont été virés de l’exposition. Je vais lire sa lettre :

"Ils ont tellement de foutus intellectuels pourris que je ne peux plus les supporter. Ils sont vraiment trop pour moi. J'aimerais mieux m'asseoir par terre dans le marché de Toluca (marché de Mexico) pour vendre des tortillas que d'avoir quoi que ce soit à voir avec ces connards artistiques de Paris… (C'est fort !) Je n'ai jamais vu Diego ni toi perdre leur temps à ces bavardages stupides et à ces discussions intellectuelles. C'est pour ça que vous êtes de vrais hommes et non des artistes minables (c'est marrant ça !) — Bon sang ! Ça valait la peine de venir jusqu'ici juste pour comprendre pourquoi l'Europe est en train de pourrir, pourquoi tous ces incapables sont la cause de tous les Hitler et les Mussolini."

Ce sont ces propres paroles, mais c’est vrai qu’elle en venant ici et même moi, après les guerres, en revenant de New-York, on ressent cette perte d’énergie. Il y a quelque chose qui a disparu quelque part mais que l’on retrouve encore au Mexique ou au Guatemala. Ou dans des pays qui ont su restés plus traditionnels. Il faut dire qu’il y a encore un tiers de leur population qui est encore indigène et donc, c'est très important ! Par exemple : nous, nos druides on ne les a plus ! On a viré tout le monde, les sorcières aussi ! Et les chamans en Russie, le gouvernement les balançait des hélicoptères parce que bien sûr les chamans peuvent voler (dans leur transes) donc, ils les ont pris à la lettre et les ont balancés des hélicoptères pour les tuer. 
Là, on voit Louise Bourgeois, qui est une artiste très importante, américaine mais d’origine française, qui a beaucoup travaillé avec la sexualité et je vais parler surtout dans ce chapitre-ci, des artistes américaines dont je connais particulièrement bien le travail. Parce qu’elles ont fait un travail fabuleux sur la sexualité, qui a peut-être aussi été fait en France mais que je  connais moins ! Donc, Louise Bourgeois a fait ce gros pénis car elle a eu des problèmes avec sa famille, avec son père… C’est une photo de Robert Mapplethorpe qui est magnifique de 1982 et on voit la joie de cette femme. C’est un peu comme en Grèce, où il y avait les Phallophories où les femmes portaient des gros pénis comme ça, c’est bien c’est marrant !

"Dans le monde grec classique, les Phallophories, étaient des processions solennelles en l'honneur de Dionysos, dans lesquelles on transportait un énorme phallus de bois, accompagnant le cortège, avec chants typiques, comme celui du poète de Délos mis dans une de ses œuvres théâtrales : « Retirez-vous, faites place au dieu,  parce qu'il veut résister, gonfler, avancer au milieu. »"

C’est une injonction très sexuelle !
Là, on est au Japon, je vous mets quand même au défi de faire ça à Besançon ! Mais vous pouvez toujours essayer ! Je reparlerai tout à l’heure du Japon où ils ont su garder leurs rituels. Là c’est un dessin de Louise Bourgeois en coopération avec Tracey Emin, Louise Bourgeois a fait le dessin et son amie a brodé une petite femme érotique. Ça s’appelle : "Do Not Abandon Me" (un million de façon de jouir quelque part). Et quand les artistes féminines s’approprient la sexualité et bien ça devient plus  vrai et réel que quand les hommes se l'approprient. 

Ici je veux parler de l'artiste Kiki Smith, qui est aussi une artiste américaine très importante. Il faut dire que toutes ses artistes étaient féministes, à New York, il y a une galerie consacrée à leur travail (A.I.R.Gallery),  dans laquelle, on ne montre que des artistes femmes. Et j’ai appris récemment qu’il y a le musée de Baltimore je crois, qui a décidé de n’acheter que des oeuvres d’artistes femmes. Et ça a fait rigoler certains sur ma page Facebook mais malgré tout,  il y a un vrai problème dans l’art, puisqu’il n'y a dans les musées, dans ce musée-ci, je ne sais pas combien d’oeuvres sont faites par des femmes, mais sans doute environ moins  de 1%, je ne sais pas ? Il faudrait en discuter avec le directeur. Mais c’est très minime. Quand vous allez au musée du Louvre, c’est pareil. Il faut donc penser que l’Art est fait par les hommes, principalement l’art européen est fait principalement par les hommes et ça pose quelque part question. Il y a la moitié de l’humanité qui n’est pas dans les musées et cette idée de faire un musée où on achète uniquement des oeuvres féminines, moi qui suis américain, je trouve que c’est quelque chose de bien parce que il y a un problème et ils y font face, les américains sont pragmatiques et c’est une bonne chose.

Voici une œuvre de Kiki Smith, il faut dire que ces artistes ont commencé à travailler dans les années 60, mais ici c’est en 92 et il faut dire aussi que c’était l’arrivée du SIDA à New York, qui a été une des villes la plus touchée et tous ces artistes, soit ils sont comme Keith Haring, décédés du sida, soit ça a marqué profondément cette génération, de même que les guerres mondiales ont marqué les générations précédentes. Mais le sida, ça a été dans le milieu artistique spécifiquement et ça a vraiment fait changer les choses. C’est pour ça qu’on peut voir une oeuvre telle que celle-là. Ça ne sort pas de nulle part et ce sont des oeuvres importantes ! Ces artistes parlent de leurs corps. Voilà, c’est un peu la mythologie grecque avec le bouc et son corps comme ça… Tied to her Nature, c'est un travail en connexion avec sa nature profonde quelque part (son animalité).

Et là, je voulais vous parler de Nancy Spero que j’aime beaucoup, elle reprend systématiquement des oeuvres de la tradition antique dont cette femme. C’est un dessin grec, peint sur une poterie grecque, cette femme avec ses deux dildos qui se masturbe comme ça, cette image lui a plu, donc elle l’a retravaillée. Ça peut être paradoxal : ça peut être une critique de la façon dont on voit le corps de la femme ; ou ça peut être aussi la libération de la femme ! C'est l'artiste qui doit le savoir, mais il faut quand même se poser la question.  

Je vais évoquer son Codex Artaud, car Artaud avait fait des dessins très, très violents quand il était hospitalisé en hôpital psychiatrique et elle a fait toute une série sur ce codex. On voit que c’est habité par la folie quelque part, par le désir de sortir du carcan sociétal, de la morale, pour exister et pour que le corps existe dans sa plénitude. 

Voilà, ça c’est aussi des femmes qu’elle a récupéré, c’est magnifique, c’est sans doute des cambodgiennes ou africaines, c'est des femmes qui dansent comme ça... Et là : Sperm Bomb, je pense que ça vous parle, c’était la guerre du Vietnam aussi   !  Donc toutes ces artistes féminines ou les artistes masculins aussi, voulaient parler de la guerre, de cette cruauté et de cette stupidité qu’est la guerre. Et souvent, les guerres sont déclarées et faites par les hommes, on le sait très bien, donc c’est un peu sa manière à elle de dire : "Bon les hommes,  allez vous faire foutre, vous nous faites chier avec vos éjaculations atomiques, on en a marre quoi !"

Voilà Nancy Spero, devant la statue que je vous ai montrée tout à l’heure qu’elle a refait, elle a refait des objets avec ces statues. C’est vraiment pour montrer que son corps, que son corps sexué existe. On ne peut pas exister sans son sexe. Et ici elle en parle dans une interview : 

"Je pense que la colère dans la Série de la guerre et les tableaux d'Artaud venait du sentiment que je n'avais pas de voix (Bien sûr les artistes femmes dans les années 60-70 n'étaient pas exposées dans les galeries !), d'arène pour dialoguer, que je n'avais pas d'identité. Je me sentais comme une non-artiste, une non-personne. J'étais furieuse, furieuse que ma voix d'artiste ne soit pas reconnue." 

C’est important pour un artiste d'être exposé et reconnu !

"C'est cela, Artaud. C'est exactement pour cela que j'ai choisi d'utiliser les écrits d'Artaud, parce qu'il crie, hurle, divague et s'extasie sur le fait qu'on lui coupe la langue, qu'on le castre. Il n'a pas de voix, il est réduit au silence dans une société bourgeoise."

Et c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui : la société s’embourgeoise de plus en plus ! Il y a des artistes qui trouvent leur place, mais les seuls artistes qui trouvent leur place sont ceux qui vendent à plus de cent mille euros, et qui font tous et toujours des travaux politically correct (politiquement correct), c'est à dire que ce sont des travaux qui ne doivent déranger personne. Parce que si vous êtes comme Damien Hirst, qui expose à Londres, à Hong Kong, à Shanghai ou peu importe : il faut que votre travail soit compris et achetable partout ! Donc forcément vous n'irez pas dans les pays arabes pour montrer des scènes de sexe et tout ça… Car ça ne se vendra pas !

Je vous conseille, si vous avez Twitter, de suivre ce compte qui s’appelle WOMENSART où il y a des choses vraiment fabuleuses, où elles nous montrent toujours des travaux d’artistes féminines qui sont vraiment toujours fabuleuses.

Voilà un dessin d’Artaud, voyez ce délire dans lequel il était. C’est à la fois terrible, c'est de quelle année ? 19 46 ! Ça parle aussi de la guerre, du désespoir, de la solitude, de l'enchaînement, de la souffrance.

J'en viens à Basquiat bien sûr, parce qu'il a également libéré la peinture en créant ses oeuvres dans la rue. Et j’aime bien son travail qui a beaucoup d'énergie et de liberté ! Je vais finir avec le Piss Christ, je ne veux choquer personne, mais Andres Serrano est un artiste New Yorkais d’origine Portoricaine, qui est arrivé dans les années du SIDA à New York, donc forcément, il a vu beaucoup de ses amis mourir et étant d’origine portoricaine, ce sont des gens qui sont très croyants ; quand on est croyant et que l'on voit arriver des épidémies comme ça, on se pose bien sûr la question, mais où donc est Dieu ? Et le sida étant transmis par les fluides corporels, il a donc travaillé sur la pisse, le lait, le sang, le sperme... Et c’est une oeuvre qui a été exposée à Avignon qui a été détruite, vandalisée. On en pense ce qu’on en veut mais je voulais parler ce cette œuvre-là. Parce que dans cette conférence, je n'ai pas montré de Christ en croix car ce n'est pas mon sujet mais je voulais finir là -dessus !  

Là, on voit Jeff Koons et la Cicciolina, il s’est fait connaître, au début de sa carrière, en se mettant en train de faire l’amour avec la Cicciolina. Donc c’est intéressant, parce que c’est le sexe qui l’a fait connaître, mais aujourd'hui, il ne parle plus de sexe pour être 100% politically correct. (Et il le dit froidement, crûment, cyniquement) :

"De toute manière, je fais des Puppies, car ça se vend beaucoup mieux et plus cher que mes oeuvres érotiques." 

À ce propos :

"Les peintres n'ont pas peint ce qu'ils auraient dû peindre(,) mais uniquement ce qu'on leur a commandé ou bien, ce qui leur procurait ou leur rapportait l'argent ou la gloire. Les peintres, tous ces maîtres anciens qui, la plupart du temps, me dégoûtent plus que tout et qui m'ont depuis toujours donné le frisson, n'ont jamais servi qu'un maître, jamais eux-mêmes et ainsi l'humanité elle-même. Ils ont tout de même toujours peint un monde factice qu'ils tiraient d'eux-mêmes, dont ils espéraient obtenir l'argent et la gloire ; tous ils n'ont peint que dans cette optique, par envie d'argent et par envie de gloire, pas parce qu'ils avaient voulu être peintres mais uniquement parce qu'ils voulaient avoir la gloire ou l'argent ou la gloire en même temps que l'argent." Thomas Bernhard, Maîtres anciens

Bon, le travail de Jeff Koons est assez kitch et il est daté des années 80, 90, mais il y a quand même des artistes qui ont osé mettre en scène leur sexualité comme ça. C’est intéressant, on reçoit quand même des coups de poing dans la gueule devant des œuvres comme ça, c’est courageux ! Et donc il dit dans une phrase intéressante, même si je n’aime pas trop le citer : 

"Je pense que la sexualité est importante pour mon œuvre parce qu’elle est importante pour la survie de l’espèce et l’Art cherche à communiquer ce qui est le plus important. Ce dialogue d’acceptation de la sexualité se transfère au domaine de l’esthétique et à toutes les autres sphères de la vie."

Là, je vais parler brièvement de l’Art brut, parce que il faut bien comprendre que si les oeuvres érotiques ne sont pas dans les musées, il y a des oeuvres qui sont  quand même créées par des gens qui ne sont pas artistes, entre guillemets. Mais qu’on appelle : l’Art brut. Et Jean Dubuffet, a été un grand découvreur… Il a été dans des asiles, il a récupéré et collectionné des oeuvres et il a fondé le musée de l’Art brut à Lausanne grâce à lui. Donc, je vais évoquer quelques œuvres d'Art brut. 

Voilà, ça c’est une oeuvre que j’adore, La personne devient essentielle de Helga  Sophia Goetze, elle fait des tapisseries comme ça qui sont au musée de l’art brut à Lausanne et elle parle toujours de la sexualité mais également,  de ce qu’on avait vu auparavant dans les sociétés tribales : de sa famille, de la façon dont les gens sont interconnectés entre eux et donc ces oeuvres sont magnifiques !

Voilà un artiste masculin donc lui, il rêve aux femmes en jarretière et en bas et son sexe est symbolisé par des fusées ; je trouve ça beau !

On a un peu dépassé le temps prévu et donc, je vous remercie vraiment d’être venus ; on continuera cette conférence la prochaine fois ! 

Merci à tous, rentrez bien et bonne St Valentin !

Encore merci à tous et puis rentrez bien et bonne St Valentin ! Au revoir et merci !