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"MAYAN DIARY" OU LES CARNETS DE VOYAGE DE JEAN-PIERRE SERGENT

"Comme un homme, au milieu d'un songe, dévoré par la soif, et qui cherche à boire, et qui ne trouve pas l'eau qui pourrait éteindre le feu de ses os..." Lucrèce, La Nature.

"Earth is the region of the fleeting moment." Ayocuan, poète Nàhuatl.

"Pour activer au mieux leur fréquence, l'Uwishin (chaman Jivaro) doit aussi pouvoir fixer longuement son esprit sur des images de vrombissement, des colibris ou des libellules en vol stationnaire, par exemple, tous les sens se combinant dans l'expérience de la transe pour faire du corps une grande vibration immobile." P. Descola, Les lances du crépuscule.

La série de peintures sur Plexiglas "Mayan Diary" commencée à New York en 2000 fait suite aux séries "Amana" 1998, "Le Rêve de l'Homme Emprisonné" 1999 et les oeuvres sur papier "Dionysos" 1998.

"Mayan Diary" est un carnet de voyage non littéraire constitué de stimuli visuels et émotionnels collectés lors de mes voyages successifs au Mexique et au Guatemala ainsi que durant mon vécu dans la New York multiculturelle et multiethnique. Au début, c'est la superposition et l'accumulation d'éléments iconographiques venant des rencontres faites au Museo de Antropología de México, aux sites archéologiques de Chichen Itza, Uxmal, Mitla, Oaxaca, ainsi qu'avec les peuples Maya, Mixtec, Zapotec et leurs créations artistiques. Par la suite, le travail s'est enrichit de nombreuses images venant des sociétés prémodernes et des périodes archaïques des grandes civilisations, images induites également par de nombreuses lectures ethnographiques et philosophiques sur les cultures et mythologies amérindiennes, indiennes, japonaises, australiennes, préhistoriques etc.

Ma principale référence picturale est celle de la présence, dans l'art pariétal, d'images superposées durant des millénaires sans commencement ni fin apparente. Cette "surimposition" iconographique cyclique sans lien cohérent logique, fait fortement référence à la Mâyâ indienne où la vérité ultime, présence du divin, est cachée par des réalités illusoires, protéiformes, fragmentaires, contradictoires et multiples.

L'inspiration puise également dans les métamorphoses vécues lors de transes chamaniques, quand l'individu se dissout pour se transformer en différentes entités humaines, animales, végétales, minérales, spirituelles pour enfin fusionner dans les réseaux génético-cosmiques.

L'idée maîtresse de ma création artistique est de rendre hommage à l'Humain historique, intemporel et contemporain, au corps, à la beauté; aux différentes réponses et interprétations sur la Sexualité, l'Art et la Mort, imaginées lors de rituels sacrés ou profanes au cours de notre histoire.

Jean-Pierre Sergent, Besançon, février 2010

 


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