Reviews 2012

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Press reviews 2012 in french only

Blog de Thierry Savatier

Gustave Courbet accueille Jean-Pierre Sergent

La Ferme de Flagey, située dans le Doubs, à quelques kilomètres d’Ornans, appartenait à la famille de Courbet. Il y venait s’y ressourcer et travailler. Aujourd’hui restaurée et placée sous la responsabilité du Musée Courbet, elle abrite un espace dédié qui accueille jusqu’au 3 juin prochain la belle exposition de Jean-Pierre Sergent, artiste plasticien, voyageur, explorateur des cultures, intitulée « Nature, cultures, l’origine des mondes ».

Nul endroit ne pouvait mieux convenir que celui-là, car il existe, entre le Maître-peintre d’Ornans et Jean-Pierre Sergent (dont il a déjà été question dans ces colonnes) bien des passerelles, à commencer par une origine franc-comtoise commune et le goût pour les formats monumentaux. Ainsi, l’installation principale exposée à Flagey occupe-t-elle le même espace que la célèbre toile de Courbet, Un Enterrement à Ornans. Mais d’autres communautés d’inspiration rapprochent les deux hommes : la relation à la nature et l’importance de la scène érotique, l’une et l’autre demeurant indissociables. La Femme y occupe une place centrale et l’on ne s’étonnera pas que le titre de l’exposition fasse allusion à L’Origine du monde, toile emblématique, blason symbolique et universel de l’Eternel féminin, que l’on retrouve, sous une forme qui dépasse largement le simple clin d’œil, dans plusieurs sérigraphies ici exposées.

Ces œuvres sont un hymne à la nature et à la vie. Au premier regard, elles semblent parfois tutoyer l’abstraction et l’œil les rapprochent de Jackson Pollock, surtout lorsque l’on sait que Jean-Pierre Sergent travailla longtemps à New York. Cependant, elles ne sont pas abstraites ; complexes, formées de strates successives, hautement colorées, hypnotisantes, elles offrent au spectateur un réel plaisir esthétique et l’invitent à décrypter les signes qui les composent, souvent issus de civilisations ancestrales, art amérindien, yantras indous, mais aussi de transes chamaniques et de mangas japonais. Il s’en dégage une énergie spirituelle que renforcent les graphismes empruntés au registre de la représentation sexuelle. Il y a de la magie dans ces sérigraphies qui, pour la plupart réalisées sur Plexiglas, font participer le regardeur dans la mesure où son image parvient à s’y refléter.

Aux lecteurs qui viendraient à se trouver dans la région, je me permets d’indiquer que dimanche prochain 13 mai, à 15H00, j’aurai le plaisir de donner, à la Ferme de Flagey, une conférence sur L’Origine du monde de Gustave Courbet qui sera suivie d’une discussion avec Jean-Pierre Sergent à propos des œuvres qu’il expose et de leurs rapports aux thèmes chers au Maître-peintre d’Ornans. Signalons enfin le beau catalogue réalisé par l’artiste, abondamment illustré et tiré à 1000 exemplaires (48 pages, 15 €).

Thierry Savatier / Les Mauvaises fréquentations / 9 mai 2102 

Magazine Vu du Doubs

Ferme Courbet à Flagey

Jean-Pierre Sergent couche son Origine des mondes sur plexiglas

Intitulée « Nature Culture, l’Origine du monde », l’exposition de Jean-Pierre Sergent, à la ferme de Flagey, présente sa nouvelle série Suites Entropiques, imprégnée de références à Courbet.

S’il expose en France, en Europe, au Canada et aux Etats-Unis, Jean-Pierre Sergent a son atelier à Besançon. L’escale à Flagey des œuvres de ce Mortuacien d’origine revêt pour lui une signification singulière. « Je trouve dans la peinture de Courbet les paysages de mon enfance. Chaque fois que j'allais au Metropolitan Art Museum de New York, je passais voir la Loue et me rappeler mes liens affectifs avec la Franche Comté. »
Exposer dans la maison familiale de Courbet ses plexiglas mystérieux, hypnotiques, puissants, c’est une sorte d’hommage au peintre d’Ornans, « l’insoumis, l’audacieux, à qui les artistes contemporains doivent en partie leur liberté de créer. Dans l’histoire de l’art occidental, le tableau L’Origine du Monde est en effet un point d'ancrage. Beaucoup de Patterns et Yantras utilisés dans mon travail sont des symboles d’unité et d’énergie cosmique ; comme dans L’Origine du Monde, ils représentent le commencement et la fin de la vie, la création, mais aussi le Bardo bouddhiste, l’état de plénitude dans l’Univers, dans l’Ici et le Maintenant. Courbet peignait un monde ensorcelé et merveilleux rempli de faunes, de muses et d’esprits, évanoui après la 2è guerre mondiale lorsque la société est entrée dans le rouleau compresseur du progrès, de la surproduction et de l'hyperconsommation… »
Les Suites Entropiques téléportent le public loin de là, dans l’inconscient collectif, en soi, dans un ailleurs transcendental.
Vue du Doubs / mars 2012

Est Républicain

Les Origines des Mondes

Il faut lâcher prise devant les œuvres de Sergent pour se laisser emporter, comme dans les rêves, la danse ou les transes....

C'était en une autre époque, Jean-Pierre Sergent visitait une tombe de haute époque en Egypte, il a été saisi d'une vive émotion : "J'ai ressenti que je n'avais plus rien à faire aux Beaux-arts, j'ai pris une décision de chemin de vie".
Lui qui est originaire de Morteau (Doubs), a commencé son activité de plasticien en menant en parallèle, un élevage de chevaux américains. Un jour il a décidé de partir. D'abord, Montréal puis New York où il a vécu et travaillé une dizaine d'années avant de revenir installer son atelier à Besançon. Sous l'intitulé "Nature, cultures, l'origine des mondes", Jean-Pierre Sergent présente à la ferme Courbet de Flagey une série de peintures sérigraphiées sur Plexiglas dont un mur monumental de plus de six mètres sur trois. L'ensemble a été conçu en lien avec des thèmes chers à Courbet : la nature, le corps féminin, l'érotisme.
C'est une recherche permanente d'harmonie avec la nature, de connexion avec l'univers que poursuit le plasticien. Son travail trouve sa source et ses racines dans ses plongées personnelles dans les rituels d'avant les monothéisme, le sacré maya, les yantras hindoux et aussi dans ses approches aiguisées des mangas japonais ou de la peinture abstraite américaine de Pollock ou Rothko bien moins intellectuelle que l'européenne. Jean-Pierre Sergent mêle, superpose, fait se heurter et se pénétrer des éléments humains, animaux, végétaux, des lignes, des cercles, des motifs.
Ses peintures sérigraphiées sont traversées de flots d'énergies, de tracés pariétaux, les graphismes s'y aiment et s'y repoussent, s'y fécondent les uns les autres. Il revisite à sa façon la célébrissime "Origine du monde" de Courbet. Nourries d'urbanité et de pensée magique, Jean-Pierre Sergent offre cette série d'images qu'il nomme "Suite entropiques", suites qui forcent le regard et l'imaginaire et renvoient aux bouleversements du monde.
Yves Andrikian / Est Républicain / 18 mars 2012

Est Républicain

La Quête des Origines

Le plasticien Jean-Pierre Sergent expose des  peintures sur plexiglas à la ferme de Flagey. Transes graphiques et pensée magique.

Jean-Pierre Sergent pourrait bien s'être trompé d'époque. L'immédiateté, "la mobilisation permanente" au service de l'inutile sont reines, trois images de petits bonheurs domestiques postées sur un réseau social sont censée donner du sens au dur sentiment d'exister. Rude époque pour un plasticien qui a le désir de retrouver "le mode des origines", affectionne l'ordre des anciens jours, est sensible au sacré et aux rites, vibre dans les lieux où tout psychanalyste trouverai que "ça souffle".
Sous l'intitulé, "Nature, cultures, l'origine des mondes", Jean-Pierre Sergent expose à la ferme Courbet un ensemble de peintures, d'images sérigraphiées sur plexiglas. Composé d'un mur de dix-huit peintures et d'une sélection d'œuvres sur papier et plexiglas, l'ensemble a été conçu en lien avec les thèmes chers à Courbet : la nature, palpitante, le corps féminin, l'érotisme.
"Courbet peignait un monde où l'interaction et la cohabitation Homme-Animaux-Nature était encore réelle. L'élevage, la chasse, la pêche faisaient partie du quotidien. Ce monde ensorcelé empli de faunes, muses et d'esprits s'est évanoui après la deuxième guerre avec le rouleau compresseur du progrès, la surproduction et de l'hyperconsommation. Nous sommes aujourd'hui bien seuls face à notre destinée", souligne Jean-Pierre Sergent.

Connexions à l'univers
C'est une quête de symbiose avec la nature, au travers des cultures dites premières et d'autres cultures ayant échappé au prisme occidental - Egypte antique, monde précolombien, chamanisme, que poursuit Jean-Pierre Sergent. Le plasticien est allé à la recherche des yantras hindous, du sacré maya, il s'est souvenu des motifs pariétaux, il s'est nourri des mangas japonais et aussi de l'abstraction américaine, ainsi Pollock, Rothko. Résultat, il mêle, imbrique, superpose, confronte des éléments humains, animaux, végétaux, des lignes, des cercles, des motifs, des débordements graphiques, des bouillons d'énergies. "La connexion à l'univers, je l'ai ressentie très fort lors au Mexique et en Egypte. Lors d'une visite d'une tombe en Egypte, j'ai eu une profonde émotion, je n'avais plus rien à faire aux Beaux-arts, j'ai pris une décision de chemin de vie", rapporte Jean-Pierre Sergent. Il estime qu'après Fra Angelico, la renaissance italienne et les codes de la peinture européenne ont tout rigidifié.
Il sourit doucement. Ses "Suites entropiques" exposées à flagey s'offrent comme des images fertiles se situant entre urbanité et magie, tribalisme et pensée sauvage. Soutenues par une belle fécondité des couleurs, ces sérigraphies bousculent et épuisent l'imaginaire, forcent le regard, enveloppent et imprègnent le corps et l'esprit. Sergent revisite "L'Origine du monde", il parle de "vrombissement incessant de la vie" à propos de son iconographie sexuelle où tournent des signes et obscénités en langue anglaise. Ces suites forment comme un riche carnet de voyages, ouvrent à la pensée magique, renvoient aux métamorphoses du monde.
Yves Andrikian / Est Républicain / 5 mars 2012

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